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Mickey tombe par hasard sur une émission télévisée consacrée à Jean-Yves Cendrey et à son dernier roman, Les Jouets vivants.
Revoir celui qu'il a douloureusement aimé trente ans auparavant réveille en lui des sentiments troubles. Il décide alors d'écrire un livre avec la ferme intention de rectifier cette image de "citoyen remarquable" véhiculée par la presse. A travers le portrait rageur du Cendrey d'autrefois, qui a vécu sa jeunesse entre joyeuse dépravation, coups minables et trahisons, Mickey tente de voler la vedette à celui qui finalement ne lui a jamais fait que de l'ombre. Les Jouissances du remords est tout à la fois une charge féroce contre la vie de province, une critique insolente et drôle des années 70 et une attaque en règle contre l'auteur lui-même.
Jean-Yves Cendrey est né en 1957 à Nevers. Il a publié plusieurs romans, chez P.O.L. (Principes du cochon, Les morts vont vite, Oublier Berlin...) puis à l'Olivier (Les Petites Soeurs de sang, Une simple créature). Son dernier livre, Les Jouets vivants, a connu un grand succès critique et public.
La revue de presse Erwan Desplanques - Télérama du 14 février 2007
On songe au Péril jeune, le film de Cédric Klapisch, avec une pointe de colère en plus. Cette foudre que Cendrey transporte de livre en livre, malgré le masque de l'autodérision. Le souvenir d'un père soûlard et tyrannique. D'une province rongée par la mesquinerie. Chaque publication est un procès contre eux. Et contre lui-même, qui en est le produit. Cendrey a une façon singulière de cogner les mots en s'autoflagellant. Il rosse la langue et love son lyrisme cru et sanguin dans une syntaxe cabossée. Son roman avance par flots successifs. De même que les vagues ravivent les blessures au lieu de les effacer.
Les courts extraits de livres : 15/02/2007
J'étais embarrassé, non par la présence de notre ami commun, mais bien par l'abandon dans lequel nous le laissions.
- Applique-toi professeur, il n'y a pas d'âge pour apprendre.
Il ricana.
- Mais quand on a la prétention d'avoir un peu vécu, ce doit être bien humiliant, je comprends cela professeur, de recevoir d'une maîtresse encore mineure des cours aussi particuliers.
Alsace, sans cesser de me manger le museau, lui grommela de fermer sa grande bouche.
- Notre tombeur n'est guère à son affaire, n'a pas la tête à badiner le profaillon, car une question le tarabuste : de qui la chaude enfant a-t-elle donc tant appris ?
Alsace, d'une langue intraitable, me rentrait la mienne dans la gorge, l'y tassait telle la boule de chiffon dont elle rêvait d'étouffer les insinuations de notre ami commun.
- De qui bon sang ? Mais de qui donc ?
Plutôt que d'étrangler notre ami commun, Alsace me boucha les oreilles.
- De Bolivaro ?
Je crus qu'Alsace allait me vomir dans la bouche.
- Sacré Bobo ! Bolivaro la canaille. L'aspirateur à nanas.
Alsace grinçait tellement des dents que mes tempes en vibraient.
- Bobo l'impénitent, dont j'ai le défaut d'être le pote et le confesseur.
Il me sembla qu'Alsace me rongeait les gencives.