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.. L'axe du loup : de la Sibérie à l'Inde? sur les pas des évadés du Goulag

Couverture du livre L'axe du loup : de la Sibérie à l'Inde? sur les pas des évadés du Goulag

Auteur : Sylvain Tesson

Date de saisie : 18/01/2007

Genre : Récits de Voyages

Editeur : Pocket, Paris, France

Collection : Best, n° 12815

Prix : 5.70 € / 37.39 F

GENCOD : 9782266157186

Sorti le : 18/01/2007

Emma Barcaroli - 13/03/2007


  • Les présentations des éditeurs : 14/02/2007

Pendant huit mois, Sylvain Tesson a refait le long voyage de la Sibérie au golfe du Bengale qu'effectuaient naguère les évadés du goulag. Pour rendre hommage à ceux dont la soif de liberté a triomphé des obstacles les plus grands, seul, il a franchi les taïgas, la steppe mongole, le désert de Gobi, les Hauts Plateaux tibétains, la chaîne himalayenne, la forêt humide jusqu'à la montagne de Darjeeling. À pied, à cheval, à vélo, sur six mille kilomètres, il a connu ce qu'il a cherché de plein gré : le froid, la faim, la solitude extrême. La splendeur de la haute Asie l'a récompensé, comme les mots d'une très ancienne déportée heureuse de se confier à lui : «On a le droit de se souvenir.»

«Le récit de voyage qu'il a rapporté est plein d'intelligence, d'authenticité, d'âpreté et d'émotion, traversé de bonheurs d'écriture qui sont la patte d'un écrivain.»
Hervé Bentégeat - Le Figaro

«(...) une sensibilité poétique qui transparaît à chaque page du livre.»
Jeanne de Ménibus - Le Nouvel Observateur

Egalement chez Pocket, en collaboration avec Alexandre Poussin : La marche dans le ciel.


  • Les courts extraits de livres : 14/02/2007

Un matin, alors que Sergueï et Nina attaquent un second poulet fumé, une étrange luminescence chasse l'éclat d'acier de l'aube. Je regarde par la fenêtre du train. C'est le Baïkal qui agit comme un réflecteur géant et renvoie au ciel les rayons du soleil tirés au travers des nimbus. La ligne contourne le lac par le sud, vers Tchita. Dans quelques semaines, si tout se passe comme je le veux, j'avancerai à pied au bord de la rive orientale du Baïkal. Je remonte sur mon bat-flanc et je réfléchis.
Pour la première fois depuis des mois, je sens monter la peur en moi et le martèlement des roues du train sur l'acier des rails l'enfonce à chaque coup comme un clou dans le coeur. Trop d'arbres dans cette taïga, trop de blancheur dans les bosquets de bouleaux, trop d'écrasement sous les ciels, et que dire de cette plaine sans bornes, plus terrible qu'une prison car ici, devant l'horizon, il n'y a même pas où fuir...
Je feuillette À marche forcée de Slavomir Rawicz, le livre que je connais par coeur et auquel je dois de me trouver ici, allongé sur la couchette du haut parmi les effluves de poulet, dans un train russe lancé vers l'est à travers la grande forêt sibérienne. J'ai découvert À marche forcée dans une édition de poche des années soixante. J'avais quinze ans et je vécus avec ce récit la première de ces nuits par la suite sacrifiées tout entières à la lecture de Céline, de Lawrence, de London, d'Hamsun et des romanciers russes.
Rawicz est un officier polonais de vingt-quatre ans qui fut arrêté pendant la Seconde Guerre mondiale par le NKVD et déporté, en train, à pied, jusqu'à un camp de prisonniers situé à trois cents kilomètres au-dessous du cercle polaire arctique sibérien, dans la taïga de Iakoutie. Travaux forcés, hiver de glace, vie de sous-homme : le goulag. Rawicz doit purger une peine de vingt ans. Sa faute ? Être polonais. Son seul espoir ? La mort ou la fuite.


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