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.. 52 ou La seconde vie

Couverture du livre 52 ou La seconde vie

Auteur : Geneviève Brisac

Date de saisie : 01/02/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Ed. de l'Olivier, Paris, France

Prix : 20.00 € / 131.19 F

GENCOD : 9782879293783

Sorti le : 01/02/2007

Emma Barcaroli - 13/03/2007


  • Les présentations des éditeurs : 14/02/2007

52 semaines.
52 histoires, comme les morceaux d'une mosaïque, les fragments d'une fresque. Ou les chapitres d'un roman.
Ce roman, c'est d'abord ce que disent les femmes - Akka, Mélissa, Nouk, Carlotta et les autres - quand elles se retrouvent au café ou qu'elles se téléphonent.
De quoi parlent-elles ?
De tout : un général tortionnaire, un bébé qui pleure, les cheveux frisés, Rosa Luxemburg, un terrible 15 août, a las cinco de la tarde.
De rien : une fille muette, Bruce Chatwin, l'amour en fuite, les tombes à deux places, un homme, le goût à jamais perdu de l'enfance.
Car nous sommes des êtres amphibies. Nous sommes d'ici et d'ailleurs, les pieds sur terre et la tête dans nos rêves, comme des arbres déracinés, immergés dans le flot incessant de nos fantasmes, de nos utopies. C'est cela, la seconde vie : cet espace où nous passons la majeure partie de notre existence, où le dedans et le dehors, l'intime et le politique ne cessent de se mêler.

Inépuisable champ d'exploration que Geneviève Brisac propose à notre regard, dans ce livre d'une extraordinaire virtuosité, empruntant à chaque genre littéraire tout ce qui peut servir son propos : dévoiler ce qui nous meut et nous émeut, à notre insu.

Geneviève Brisac a publié à l'Olivier un recueil de nouvelles et six romans dont Week-end de chasse à la mère (prix Femina 1996) et, plus récemment, Les Soeurs Délicata
(2004). Elle a également consacré trois essais à la littérature anglo-saxonne.



  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 6 juin 2007

Au-delà des apparences, des généralisations sociologiques, des faux-semblants qu'impose la vie sociale, c'est la singularité des individus qu'elle scrute, les profondeurs de leurs pensées. Ces cinquante-deux histoires sont dès lors tout sauf anodines, hantées de terreurs et de hontes enfantines inconsolées, d'aveux demeurés imprononcés, de coeurs affolés, d'accès de fantaisie douce ou morbide.


  • La revue de presse Josyane Savigneau - Le Monde du 23 février 2007

Dans 52 ou la seconde vie, on a la tête dans les nuages et les pieds sur terre. On a des souvenirs de vacances enfantines dans des villas louées, assez improbables...
On comprend qu'on est toujours jaloux des amours des autres et qu'on tente de leur faire obstacle...
Mais on peut quand même vivre ensemble, faire des enfants, s'engager en politique, s'aimer vraiment - un homme et une femme, c'est très difficile, mais on doit s'appliquer à vivre cette exception. Il faut savoir papoter, s'amuser et être sérieux, ne pas jouer les victimes, sans oublier que la misogynie n'a pas reculé, que rien n'est gagné. Pouvoir combattre et rire à la fois. Ce que fait ici, avec brio, Geneviève Brisac.


  • Les courts extraits de livres : 14/02/2007

Pendant ces trois jours d'août, nous allons marcher dans la neige, escalader des pitons, rester encordés les uns aux autres, notre père mène la danse, un guide nous escorte, et pendant autant de nuits nous dormirons dans des refuges à l'odeur de foin moisi.
C'est un rachat, une punition, une purification.
Je les refuse de toutes mes forces.
Je traîne les pieds, la corde se tend un peu trop, un visage furieux se tourne vers moi.
Qu'est-ce que tu fabriques ? articule Rosa, ma soeur adorée.
Je me meurs, je n'y arriverai jamais.
Tout le monde y arrive.
Sauf moi, dis-je.
Deux syllabes, ma devise. Et nous marchons, suivant le fil sinueux du petit chemin enneigé qui mène au glacier.
Quand le jour se lève, je fais semblant de ne pas m'en apercevoir.
Notre père, loin devant, s'extasie en silence, je le vois dans ses omoplates, son dos s'est élargi, je sens qu'il se rengorge. Nous montrer tant de beauté. Nous la faire connaître, nous la faire comprendre. Je le désole, cela me désole. Il dit je veux vous faire ce cadeau. Je ne veux d'aucun cadeau, juste dormir dans un lit et lire un poème qui parle du monde, d'un nuage et d'un pantalon. L'humanité me dégoûte et m'effraie comme elle dégoûte et effraie tous les poètes et les savants. Je veux plonger mon long nez dans les livres, courber mes épaules, me donner à la science, replier mes ailes. Je me fous des sommets de la nature, je me fous des paysages, je n'ai jamais aimé les promenades, du temps perdu, comme les repas trop longs et les soirées de bavardage. Se promener agrandit les pieds, ai-je calligraphié sur mes murs. Et j'ai dessiné deux grands pieds palmés, bien plats, bien ridicules. Deux spatules arrière. L'expression même de la bêtise.


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