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Auteur : Giuliano Da Empoli
Traducteur : Alain Sarrabayrouse
Date de saisie : 07/02/2007
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Grasset, Paris, France
Prix : 13.90 € / 91.18 F
GENCOD : 9782246700814
Sorti le : 07/02/2007
Joachim Salinger 030407 - 05/04/2007
Emma Barcaroli - 13/03/2007
Terrorisme, mondialisation, effondrements en tout genre et tous azimuts. On s'alarme, on déplore, on se complaît, on se complaint - et l'on ne sait plus regarder le monde qu'à travers le prisme de nos «passions tristes»...
Déclin de toutes les valeurs ? Non, affirme l'auteur de ce livre : rééquilibrage entre les forces apollinienne et dionysiaque chères à Nietzsche. Agonie des animaux humains que nous sommes, malades de la peste ? Ou avènement du «carnaval» païen ? Cet essai salutaire, plein d'humour et d'élégance, nous invite donc à congédier les jérémiades, à connaître et à célébrer notre modernité pour ce qu'elle est : contradictoire, schizophrénique, sublime et fangeuse à la fois.
Alors, «américanisé», le monde ? Brésilianisé, plutôt. Le Brésil, proverbiale terre de contrastes, est le miroir allégorique de notre culture, oscillant entre aspirations religieuses et violence, où la mort et le sexe, le faste et la misère se côtoient. Il est temps de rouvrir les yeux et de redécouvrir, dans toute sa puissance, l'esthétique joyeuse et morale de l'orgie - c'est-à-dire de la liberté.
Giuliano da Empoli, sociologue et journaliste romain né à Paris en 1973, a été conseiller du ministre de la Culture italien. Remarqué pour ses nombreux articles ainsi que trois ouvrages, Un grande futuro dietro di noi (1996), La guerra del talento (2000) et Overdose (2002), il est le fondateur et directeur de la revue politique et culturelle Zéro.
Ce discutable et stimulant traité néolibertaire qui cite Nietzsche, Maffesoli et Baudrillard offre une bouffée d'optimisme à notre époque chagrine. Et si vous trouvez que ce radical relativisme manque dangereusement de garde-fous, cessez donc de vous cramponner au rationalisme périmé des Lumières, cette idéologie élitiste a fait faillite. Vous feriez mieux d'apprendre les percussions, nous allons vers des lendemains qui dansent la samba.
Ce n'est pas un hasard, je crois, si c'est là qu'en 1940 débarquent Stefan Zweig et sa femme, fuyant les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. «Et si la civilisation européenne devait vraiment être anéantie par cette guerre, écrit-il, [...] nous savons qu'une civilisation nouvelle est ici à l'oeuvre, prête à traduire en réalité tout ce que les nobles générations intellectuelles ont vainement souhaité et rêvé : une culture humaine et pacifique.»
Il y a trop d'emphase et trop d'optimisme dans les mots de Zweig. Dieu sait à quel point le Brésil a payé l'éternelle promesse, jamais réalisée, d'être le «pays du futur».
Et pourtant, le 11 septembre, quelque chose est aussi arrivé au futur. Avant cette date, et tout au long des années quatre-vingt-dix, il coulait comme un long fleuve tranquille, du centre vers la périphérie. Ce qui se passait au centre, au coeur de l'Occident, semblait devoir se propager, selon des temps et des modalités différentes, dans le reste du monde. Modèles économiques, politiques, culturels, modes, technologies : tout semblait irradié par une même source extrêmement lumineuse. Il suffisait aux futurologues de se promener dans la Silicon Valley et dans les ruelles de Tokyo pour esquisser les contours d'un avenir déjà familier, rassurante projection du présent. Depuis que le monde a cessé d'être paresseux, la vie de château a pris fin. Avec l'effondrement des Twin Towers, la clarté des pronostics en matière de modèles sociaux a elle aussi chuté.
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