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.. Un rajah blanc à Bornéo : la vie de sir James Brooke

Couverture du livre Un rajah blanc à Bornéo : la vie de sir James Brooke

Auteur : Nigel Barley

Traducteur : Bernard Blanc

Date de saisie : 01/02/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Payot, Paris, France

Collection : Voyageurs

Prix : 20.00 € / 131.19 F

ISBN : 978-2-228-90169-7

GENCOD : 9782228901697

Sorti le : 01/02/2007

Sylvain Elie - 02/04/2007


Charlotte Etasse - 23/02/2007


  • Les présentations des éditeurs : 15/02/2007

Nigel Barley, qui fut conservateur au British Museum, s'est rendu célèbre pour avoir marié dans ses livres l'ethnologie à l'humour.
Le voici de retour avec une biographie d'Anglais téméraire, excentrique et voyageur. Né en 1803 à Bénarès, James Brooke fit ses armes dans la Compagnie des Indes orientales puis acheta une goélette avec l'argent légué par son père. Devenu mercenaire au service du sultan de Brunei, il combattit rebelles et pirates. Pour le remercier, on lui offrit le Sarawak, territoire de Bornéo où vivaient des coupeurs de têtes invétérés, les Dayaks.
Le règne du Rajah blanc, qui débuta en 1841, établit la dynastie des Brooke jusqu'en 1946. Le biographe conjugue ici ses talents d'humoriste, d'anthropologue et d'écrivain ; ce n'est pas de trop pour décrypter un personnage des plus complexes qui, s'il fut reçu par la reine Victoria à Windsor avec tous les honneurs dus à un rajah, eut bien du mal à obtenir de la Grande-Bretagne la reconnaissance du Sarawak comme Etat indépendant.
Il mourut en 1868 au fin fond du Devonshire, presque oublié des Anglais mais devenu une figure de légende à Bornéo.

Né en 1947, Nigel Barley est l'auteur chez Payot de plusieurs livres couvrant les genres du récit de voyage, de la biographie et même du roman : Un anthropologue en déroute (1992), Le Retour de l'anthropologue (1994), L'anthropologie n'est pas un sport dangereux (1997), L'anthropologue mène l'enquête (2000) et Le Dernier Voyage du révérend (2001).



  • La revue de presse Charlie Buffet - Le Monde du 16 février 2007

Que ceux qui connaissent les aventures jubilatoires de l'anthropologue Nigel Barley y aillent sans crainte, et que les autres y courent dare-dare. Sept ans après L'Anthropologue mène l'enquête ("Petite Bibliothèque Payot", 2002), le ci-devant conservateur du British Museum est de retour avec une biographie : Un rajah blanc à Bornéo...
N'attendez pas un traité sur les moeurs du Sarawak et ses Dayaks. Ce qui intéresse Nigel Barley, plus que le "Disneyland tropical", c'est d'aller fourrer son nez derrière les coulisses de l'aventure coloniale et d'y écouter, amplifiés, les grincements de l'Angleterre victorienne au faîte de sa gloire - au risque de se noyer en route dans ses archives pléthoriques ou dans la recherche d'un fils naturel insaisissable. Nigel Barley atomise le folklore de son sujet. Dès que le sérieux du biographe le guette, il esquive en passant du particulier au général...
Barley est "postfreudien", "postcolonial", "postmoderne", dépouillé de tous les préjugés identifiables, comme l'âme d'un oignon. Lord Jim, qui est la plus belle descendance de Sir James, n'est jamais nommé. Le héros que Joseph Conrad a créé à partir du rajah blanc est sans doute trop tragique pour être accueilli dans la famille de l'anthropologue.


  • Les courts extraits de livres : 26/03/2007

Premières impressions

Bornéo n'occupait pas une place très importante dans l'imaginaire britannique du début du XIXe siècle ; à cette époque, on ne la voyait plus vraiment comme l'incarnation terrestre de l'Eldorado. Il y avait eu quelques tentatives antérieures pour établir une présence occidentale sur cette île gigantesque aux montagnes escarpées, couverte de forêts luxuriantes et traversée de fleuves aux eaux brunâtres, mais toutes avaient échoué, englouties dans de vastes marécages et d'éternels brouillards.
En 1521, un certain signor Antonio Pigafetta avait mouillé dans la baie de Brunei, au nord de l'île, lors de l'expédition de Magellan autour du monde, mais les Anglais, plus lents à la détente, n'y étaient pas arrivés avant la fin du XVIIe siècle. En 1773, la Compagnie des Indes orientales avait fondé une colonie à Marudu, à la suite de son sauvetage spectaculaire du sultan de Sulu (Philippines) enlevé par les Espagnols, et c'était cette revendication que James Brooke songeait à réactiver. Une autre présence britannique, mais fragile et hésitante, s'était brièvement manifestée à Banjermassin, dans le sud, où elle avait généré l'habituel cocktail de guerres, de corruption, de dettes et de déceptions, et à l'époque de Raffles l'excentrique Alexander Hare, un homme langoureux et dominé par sa femme, y avait dirigé une plantation où il exploitait de manière scandaleuse des forçats venus de Java, avant d'être évincé par les Néerlandais.
Mais Bornéo était surtout célèbre pour sa piraterie, comme James le découvrirait à son perpétuel détriment. Les monopoles portugais puis néerlandais ayant interdit le commerce maritime aux équipages autochtones, ceux-ci s'étaient tournés vers la seule alternative évidente. Leurs assauts étaient complétés chaque année, quand les vents de la mousson soufflaient dans le bon sens, par ceux de maraudeurs illanuns. À l'époque où il régnait sur Java (1811-1816), Raffles avait lancé des raids contre les pirates de Bornéo, mais les Anglais s'accordaient depuis longtemps à dire que la seule arme vraiment efficace contre cette malédiction était la libéralisation du commerce maritime, et sans doute avaient-ils raison.


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