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.. Le Corbusier et le Japon

Couverture du livre Le Corbusier et le Japon

Auteur : Gérard Monnier

Préface : Jean-Marie Bouissou

Traducteur : Erika Peschard-Erlih

Date de saisie : 26/01/2007

Genre : Architecture

Editeur : Picard, Paris, France

Collection : Architectures contemporaines. Etudes, n° 2

Prix : 32.00 € / 209.91 F

ISBN : 978-2-7084-0720-6

GENCOD : 9782708407206

Sorti le : 26/01/2007

Agathe L'huillier - 15/03/2007


  • Les présentations des éditeurs : 17/02/2007

Aucun autre pays que le Japon n'a fait une telle place à Le Corbusier, à ses disciples et aux architectes qu'il a longtemps inspirés. Nulle part ailleurs, ses écrits n'ont été si rapidement traduits, publiés et commentés. Ce sont les jeunes architectes japonais, attirés par le prestige des textes de Le Corbusier, qui ont donné le départ d'un formidable intérêt pour l'agence de la rue de Sèvres; cet intérêt pour l'architecte était d'ailleurs sélectif, il laissait de côté aussi bien l'urbanisme que l'oeuvre plastique du dessinateur ou du peintre, et combinait plusieurs images successives de Le Corbusier, qui était d'abord, dans les années 1920 et 1930, un «jeune héros», puis, après 1945, un «maître» du modernisme, et enfin, l'architecte de référence d'une nouvelle approche de l'espace qu'au Japon, en raison des conditions d'une intense démarche de modernisation, on expérimente avec passion. Jusqu'à présent cependant cette relation de Le Corbusier avec le Japon n'avait pas fait l'objet d'une étude. A côté des grandes sagas, celle de Le Corbusier en Amérique latine, celle de Le Corbusier en URSS, la relation de Le Corbusier avec le Japon était demeurée une page blanche, qui attendait son approche, son écriture, ses interprétations. C'est ce qu'apportent les travaux du colloque réuni àTokyo en 1997, que nous présentons ici aux lecteurs de langue française.


  • Les courts extraits de livres : 17/02/2007

Extrait de la préface de Jean-Marie Bouissou :

Le Corbusier et le nouveau Japon : de l'inadaptation des utopies face à l'urgence
Dans le lapon post-atomique, les cités et l'appareil idéologique sont en ruines. On serait tenté d'y voir un terrain vierge, le laboratoire idéal pour l'utopie architecturale et urbanistique - et donc une terre d'opportunités pour un maître dont l'influence est relayée par un réseau de disciples bien établis et qu'auréole la gloire de construire le siège des Nations unies... Pourtant, il en sortira peu de choses. Même si c'est Tange (le plus japonais, au demeurant, des réceptacles d'une pensée corbuséenne qu'il avait beaucoup fait pour tirer du côté des valeurs du militarisme) qui dessine le Parc de la Paix d'Hiroshima, ce qu'il est donné à Le Corbusier lui-même de réaliser au Japon sera dénaturé, à l'exemple du musée national d'Art occidental de Tokyo (1957), dont le projet d'un forum ouvert, lieu d'échanges et d'ensemencement mutuel entre cultures, n'est même pas pris en compte par l'administration commanditaire.
C'est qu'à nouveau l'Archipel vit en état d'urgence nationale. Le communisme emporte la Chine et la guerre embrase la Corée. Pendant quinze ans, le Japon lui-même est en proie à de violentes convulsions sociales et politiques, ponctuées de manifestations massives durement réprimées, de grèves longues et sanglantes, de purges qui déciment les syndicats et d'assassinats. L'économie de famine et de marché noir de l'immédiat après-guerre est remplacée dès le début des années 1950 par un gigantesque effort de reconstruction, puis de développement industriel qui s'accélère sans cesse jusqu'à permettre au Japon, lancé à pleine vitesse, de dépasser en trois ans (1965-1968) la Grande-Bretagne, la France puis l'Allemagne. En vingt ans, un quart de la population est arraché aux campagnes. L'exode rural pousse vers les villes vingt millions de déracinés. Ce déplacement massif annihile toute possibilité d'un projet urbanistique, celui que Le Corbusier comme n'importe quel autre. Les mégapoles japonaises qui se développaient démesurément pour soutenir l'effort de croissance ne pouvaient pas être cette «Ville radieuse» rêvée par le créateur de Chandigarh, ni par aucun autre maître épris d'idéal et d'esprit de système.


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