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.. Les gadoues

Couverture du livre Les gadoues

Auteur : Philippe Delepierre

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Liana Levi, Paris, France

Collection : Littérature

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-86746-434-8

GENCOD : 9782867464348

Claire Lamarre - 01/06/2007


  • Les présentations des éditeurs : 20/02/2007

Triste cette bourgade industrielle du Nord ? Pas le moins du monde ! Gill, qui n'a pas les yeux dans sa poche, en fait un terrain d'observation et d'aventure. Les bizarreries de Trisomic-Marcel son grand frère, les crises de nerfs de Marie-Rose sa mère, les rendez-vous amoureux de Nadège, sa voisine, les ronds de jambe du docteur Verdier, rien ne lui échappe. De ses expéditions aux «gadoues», la décharge, à ses tribulations lycéennes, en passant par les discussions dans la cuisine familiale, tout éveille sa curiosité. Et puis il y a Françoise, sa bien-aimée, la demoiselle du château, sa princesse, sa fée, son ange... Cet idyllique univers d'enfance se fissure pourtant lorsque certains commencent à remuer un passé, l'Occupation, qui, en ces années soixante, jette encore son ombre sinistre et venimeuse. On ne patauge pas impunément dans les gadoues...

Auteur de Fred Hamster et Madame Lilas, couronné par le prix et de Crissement sur le tableau noir en 2005, Philippe Delepierre est un professeur de lettres qui n'a pas peur de «châtier» le français.



  • La revue de presse Olivier Delcroix - Le Figaro du 24 mai 2007

Au pays du charbon, des terrils et des ciels gris anthracite, les phrases colorées de Delepierre font merveille. On rit beaucoup à la lecture de ce livre enlevé, qui évoque une version lilloise des 400 coups de Truffaut, mâtinée de Guerre des boutons. L'humour chevillé au texte, Delepierre aime à truffer ses pages de métaphores hardies telles que «Mes nerfs se tortillent comme des lombrics condamnés à l'hameçon» et, en professeur de lettres qui se respecte, il rapporte même quelques perles d'écolier irrésistibles comme : «Sous l'Ancien Régime, la mortalité infantile était très élevée, sauf chez les vieillards», ou encore «L'Armistice est une guerre qui se termine tous les 11 novembre». Goguenard sans être jamais sarcastique, l'écrivain distille avec fougue son impétueuse mélodie stylistique, sa petite voix du Nord. Décidément, oui, Delepierre donne envie, «du mois de septembre au mois d'août», de rechausser «nos bottes de caoutchouc, pour patauger dans Les Gadoues, Les Gadoues»...


  • Les courts extraits de livres : 20/02/2007

Je pourrais m'époumoner que la vieille Victorine, quasi impotente d'obésité, ne bougerait pas ses grosses fesses du fauteuil en osier où elle passe ses journées à tricoter de la layette.
Avant il y avait Cafougnette, le ferrailleur, mais il est parti l'an passé sans laisser d'adresse avec ses chiens et son cheval, Bakounine, que papa ferrait gratos. C'était un chic type, celui-là, quelqu'un sur qui on pouvait compter. Enfin n'en parlons plus. Reste Paulo, l'ouvrier agricole de Clovis, qui vit dans son blockhaus sommairement aménagé au milieu des champs de patates, mais à cette heure-ci, il doit être occupé à la ferme. Et puis je n'aimerais pas qu'il voie ma mère dans cette tenue débraillée. Parce qu'elle continue à déchiqueter ses vêtements, Marie-Rose, faut voir comme elle s'en donne ! Si je ne me décide pas à intervenir, elle va bientôt se retrouver toute nue. Jambes tendues à l'avant, buste en tour de Pise, chignon en bataille, elle recommence à hurler les mots du malheur, ceux qui donnent un mauvais goût à la bouche.
Je ne bouge pas d'un orteil, fidèle au poste, petite sentinelle prête à encaisser l'insupportable. Marie-Rose s'échauffe, laisse grimper la pression, la soupape de sécurité s'affole. Dans une ratatouille de syllabes éraillées, elle insulte le temps destructeur, les injustices, la routine et tout le reste. Elle en a sa claque des soucis et de son rôle de ménagère exemplaire. La fée du logis métamorphosée Carabosse vaticine l'interminable litanie de son cahier de doléances archiplein. Elle accuse en vrac les hommes et l'univers, les gosses et les cigognes qui les amènent sans qu'on les ait sonnées. Elle s'en foutrait des baffes à la volée, tiens, d'avoir été si conne, oie blanche et coeur d'artichaut, gamine fleur bleue qui s'est laissé piéger par ce type à gueule d'amour. T'as de beaux yeux tu sais, et patatras, le scénario qui dérape ! Époque difficile, circonstances atténuantes qui n'atténuent rien du tout. Serments trahis, noces de chiffon et lune de fiel ! Elle est punie, damnée, une seconde vie ne lui suffirait même pas à expier la faute commise au début de la première. Et faudra tenir jusqu'au finish parce que le bon Dieu interdit les raccourcis.


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