Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Pierre Grouix
Préface : Vladimir Fedorovski
Date de saisie : 08/02/2007
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Rocher, Monaco, France
Collection : Gens d'ici et d'ailleurs
Prix : 18.00 € / 118.07 F
ISBN : 978-2-268-05994-5
GENCOD : 9782268059945
Sorti le : 08/02/2007
«Eh bien, Prince...» : le début de La Guerre et la Paix de Tolstoï est en français, langue étendard de l'aristocratie russe. L'attirance des Russes pour la France est en effet réelle, certains y résidant dès le XIXe siècle.
La révolution de 1917 ébranle le monde. Fuyant la guerre civile, des Russes arrivent dans la France des années 1920. Paris devient alors la capitale de la «Russie hors frontières».
Marquée par une forte vie communautaire, par la fidélité à sa langue, à sa religion, la «petite Russie» française est hétérogène au cours de son histoire : aristocrates, Juifs échappant au pogrom, auteurs et poètes, danseurs et artistes, petites mains, ex-officiers chauffeurs de taxis ou légionnaires. Ouvriers surtout.
L'exode se tarit après la Seconde Guerre mondiale. Il faut alors attendre la chute du rideau de fer pour voir apparaître des profils inédits : sportifs, nouveaux Russes ou «filles de l'Est».
Entre départ et rêve du retour, entre déclassement et intégration, entre grande histoire et petites histoires, ce livre relate le parcours des émigrations russes en France.
Au coeur de ce voyage collectif, le lecteur retrouvera des visages connus, de Lénine à Pierre Bérégovoy, de Serge Diaghilev à Marina Vlady, ou encore d'innombrables écrivains, de la comtesse de Ségur à Marina Tsvetaeva en passant par Nina Berberova, Joseph Kessel, Nathalie Sarraute ou Henri Troyat.
Normalien agrégé, licencié en histoire, Pierre Grouix est écrivain et traducteur. Il traduit notamment les poésies complètes de l'auteur finlandais Bo Carpelan, Prix européen de littérature 2007. Russes de g France, d'hier à aujourd'hui est son quatorzième livre.
La première, conduite par le Français Pierre Ragon, est envoyée en France en 1586. Ses membres, qui n'ôtent pas leur couvre-chef et gardent leur épée devant le roi, sont les premiers Russes à avoir mis les pieds en France depuis Iasaslav de Kiev vers 1075. En 1615, peu après que le pouvoir a été confié à un boyard, le noble Michel Romanov, le jeune Louis XIII reçoit à Bordeaux la mission conduite par Ivan Kondyrev. C'est en 1668 que l'ambassade de Pierre Potemkine, ancêtre du ministre de Catherine II, rencontre Louis XIV. Sa visite est relatée par le sieur de Catheux. De retour en 1615, Potemkine séjourne à l'Hôtel des ambassadeurs extraordinaires. Intrigués, les Parisiens regardent les Russes comme des bêtes curieuses. Après avoir visité l'Observatoire avec Cassini et la Sorbonne, Potemkine repart. Si les Français se moquent généralement de l'amour des Russes pour la boisson, et des frais si lourds de ce séjour, certains sont au contraire frappés par des belles manières que l'on ne s'attendait pas à rencontrer chez des visiteurs ignorant l'étiquette versaillaise, et surtout par la profonde religiosité du groupe en visite, accompagné d'aumôniers. Deux autres ambassades ont lieu en 1685 et 1687. Mais les choses ne changeront qu'avec Pierre le Grand et l'ouverture à l'Ouest.
L'attirance de ce dernier pour l'Europe se traduit en architecture par Saint-Pétersbourg, la ville qu'il arrache aux marais de la Neva et à laquelle il donne son nom, s'ouvrant ainsi une précieuse «fenêtre sur l'Occident» et une tête de pont vers l'ouest. La ville devient capitale de l'Etat en 1712. Epris de la grandeur de la Russie qu'il érige en État, ce souverain réformateur est aussi curieux de l'Europe, et plus encore de l'Allemagne et de la Hollande que de la France. Bannissant le cafetan, il oblige ses nobles à se vêtir à l'occidentale. Dès 1705, le tsar a chargé son ambassadeur aux Pays-Bas, Andreï Matveïev, d'aller en France et d'étudier de près le fonctionnement de la société, les us et coutumes, les progrès techniques, faisant presque de ce diplomate le premier espion russe en France. Sa mission accomplie, l'homme relate son séjour d'un an dans un volumineux rapport qui ne sera publié en Russie qu'en 1972. Ainsi, il a fallu attendre le XVIIIe siècle pour que naissent des relations sérieuses entre France et Russie.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia