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.. L'Europe après l'Europe

Couverture du livre L'Europe après l'Europe

Auteur : Jan Patocka

Postface : Marc Crépon

Traducteur : Erika Abrams

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Philosophie

Editeur : Verdier, Lagrasse, France

Collection : Philosophie

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-86432-496-6

GENCOD : 9782864324966

Claire Lamarre - 02/03/2007


  • Les présentations des éditeurs : 21/02/2007

Dans le monde de l'«après Europe», que Patocka situe dès la fin de la Première Guerre mondiale, et devant les impasses où nous a conduit ce qui ne s'appelait pas encore la «globalisation» et qu'il nommait lui-même «l'ère planétaire», il convient de s'interroger sur l'héritage européen. Qu'a-t-on retenu ou occulté de l'expérience et du destin de l'Europe ?
Il s'avère alors que l'adoption généralisée du seul calcul de la puissance - reste de sa suprématie déchue - constitue au fond un dévoiement de ses fondements philosophiques.

Partant du thème socratique du «soin de l'âme», Patocka élabore ensuite une analyse exigeante et radicale de l'identité de l'Europe, étrangère à toute notion réductrice d'appartenance et à toute illusoire spécificité.

Il conjoint le projet ontologique, le projet critique et politique et le projet de vie pour fonder sa vision de l'Europe sur ce qu'il appelle un «rapport essentiel et explicite à l'impérissable».



  • La revue de presse Alexandra Laignel-Lavastine - Le Monde du 4 mai 2007

En quoi la réflexion de Jan Patocka sur la crise de l'Europe, un thème qui traverse toute son oeuvre, nous est-elle si précieuse ? Comme le relève le philosophe Marc Crépon dans sa postface, elle l'est d'abord en ce que réfléchir sur l'Europe aujourd'hui, c'est "forcément prendre la mesure de la naissance, dans la seconde moitié du XXe siècle, d'un monde post-européen" que Patocka nomme déjà "l'ère planétaire"...
Avec cette lucidité quasi prophétique qui le caractérise, le philosophe de Prague avait déjà compris qu'on ne saurait opposer à cet universalisme ultra-pauvre une prétendue identité européenne autocentrée sur son fonds culturel.


  • Les courts extraits de livres : 21/02/2007

Dans l'essai «Le Commencement de l'histoire», nous avons tenté de montrer que le questionnement philosophique et la première praxis politique sont aussi originaires l'un que l'autre, mais à présent nous voyons se dessiner une primauté de la philosophie. Dans la philosophie, c'est en effet l'être même qui se porte à la parole, l'être qui conditionne et ouvre toutes les possibilités facticielles de l'humanité. D'un autre côté, la philosophie elle-même est liée à une praxis facticielle : la philosophie ne peut venir au monde qu'étant donné une attitude préalable de libre indépendance. La liberté vis-à-vis de l'étant est chose qui ne se représente dans la pensée qu'après qu'il en a été fait usage. La co-originarité est ici celle de l'étant et de l'être. Mais de même que la différence de l'être et de l'étant n'en serait pas une s'il n'y avait un être qui l'accomplit, de même, dans l'histoire, seule la philosophie dit ce qui advient proprement dans et du fait de la liberté politique, et il ne serait rien advenu sans l'émergence de la philosophie.
Or, cela veut dire qu'il n'y a, qu'il n'y aura de l'histoire qu'aussi longtemps qu'il y aura des hommes qui ne se contenteront pas simplement de «vivre», qui seront au contraire prêts à renoncer à la vie nue pour poser et défendre les fondations d'une communauté de la reconnaissance mutuelle. Ce qui reçoit là un fondement n'est pas la subsistance assurée, mais la liberté, c'est-à-dire les possibilités qui s'élèvent au-dessus du plan de la vie pure et simple. Ces possibilités sont, au fond, de deux espèces : la sollicitude responsable pour autrui et le rapport explicite à l'être, c'est-à-dire la vérité. L'homme dans ces relations n'est ni dépendant ni consommateur, mais essentiellement bâtisseur, créateur, développeur, gardien de la communauté, fût-ce, comme déjà dit, sans jamais pouvoir se dire à l'abri du péril. Ce qu'il bâtit est un monde qui, fondé dans une sphère invisible, sera à transposer dans le visible et le durable, afin de porter la vie humaine et de lui donner l'occasion d'être encore et toujours à nouveau historique.


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