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L'image du tailleur rose de Jackie Kennedy, maculé du sang de son époux assassiné, a fait le tour du monde.
Il était signé Chanel. Comment une petite orpheline abandonnée par son père derrière les hauts murs d'un couvent est-elle devenue la célèbre Coco Chanel, à la tête " du plus grand empire constant par une femme " ? Elle fut la grande " Mademoiselle ", créatrice de la petite robe noire, du parfum N° 5, du bijou fantaisie, de la marinière et du sac matelassé, et de tant d'autres classiques. Elle fut la discrète mécène de Cocteau, Radiguet, Stravinsky, Reverdy...
Elle eut des amants riches et célèbres, des ducs et des artistes, mais aussi des hommes aux engagements troubles. Elle eut la gloire, l'argent, mais ne fut jamais une femme vraiment heureuse...
Elisabeth Weissman, est journaliste à Elle, spécialiste des questions de société. Auteure d'un ouvrage sur les femmes en politique (Les Filles, on n'attend plus que vous, Textuel), elle a également signé en collaboration avec Régine Lemoine-Darthois, trois ouvrages sur les baby-boomers (Albin Michel).
Les courts extraits de livres : 22/02/2007
Gabrielle aussi adore son père, guette ses retours et, à peine a-t-elle entendu le bruit des sabots du cheval, se jette dans ses bras. Le reste du temps, elle le passe dans un cimetière peuplé d'herbes folles à enterrer quelques objets rares que lui a offerts ce père tant aimé. Elle apportait aux morts : «Des fleurs autant que je pouvais, et des fourchettes, des cuillers, tout ce que je parvenais à dérober à la maison. Pour moi, un cimetière n'était pas un endroit triste, j'aimais ce lieu, et j'y allais aussi souvent que possible.» Gabrielle, seule parmi les morts. Préfiguration de ce que sera plus tard sa vie de femme sans famille, sans enfant ? Elle semblait en tout cas cultiver un véritable engouement pour la mort.
Mais c'est à douze ans qu'elle y est pour la première fois réellement confrontée : un matin de 1895, est-ce Gabrielle qui découvre sa mère inanimée dans son lit ? Nul ne le saura, car jamais elle n'en dira mot. Toujours est-il que Jeanne meurt d'épuisement après plusieurs jours de fièvre. Elle n'avait que trente-trois ans. Albert est absent. Pas là non plus à l'enterrement, qui se déroule au cimetière de Brive devant une assistance clairsemée.