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Auteur : Michal Ajvaz
Traducteur : line Azoulay-Pacvon | Michal Pacvon
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. du Panama, Paris, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-7557-0087-9
GENCOD : 9782755700879
Claire Lamarre - 01/06/2007
Sylvain Elie - 05/03/2007
Un voyageur revisite en imagination l'île peuplée d'excentriques où il vécut pendant plusieurs années : un univers où les sens l'emportent sur le sens, l'indéfini sur l'exactitude; un univers de bruissements, d'odeurs, d'ombres et de lumière mouvante dont le joyau le plus envoûtant est un livre labyrinthique que les indigènes complètent ou altèrent au gré de leurs humeurs...
Allant et venant d'une Prague bien réelle à son île mystérieuse, notre guide explore les limites du langage et de la communication, et déconstruit la logique et les principes sur lesquels repose la culture occidentale.
Michal Ajvaz est l'un des écrivains tchèques contemporains les plus originaux. Auteur de nouvelles et d'essais sur la littérature, L'Autre île est son premier roman traduit en France.
Michal Ajvaz, né en 1949 est l'un des auteurs tchèques contemporains les plus originaux et les plus littéraires. Ses influences françaises avouées vont de Raymond Roussel à Georges Perec. Auteur de nouvelles et d'essais, L'Autre île est son premier roman.
Au pays de Kafka, l'oeuvre de Michal Ajvaz n'a sûrement rien de surprenant. En France, le goût pour l'absurde de l'écrivain tchèque résonne de manière plus originale. Cet amateur de Perec et de l'excentrique Raymond Roussel embarque pour une île imaginaire dont il conçoit la géographie vaporeuse, les reliefs coupants et les «ondes» de sable blanc...
Plus qu'un roman qui suivrait tranquillement le fil de son intrigue, c'est une «folie» comme on en dédie à son seul plaisir quand on s'ennuie dans son jardin secret. Une miniature décadente où brille, solitaire, «l'étincelle splendide et stérile du présent». Un objet mou à la manière des surréalistes : bibelot évanescent et kitsch que l'on rapporte en souvenir d'un ailleurs impossible.
Elle mesure vingt kilomètres de diamètre et se trouve dans l'océan Atlantique sur le tropique du Cancer, entre les îles cap-verdiennes et les Canaries. Durant mon séjour, je tentai de deviner la forme de cette île toujours représentée par un petit cercle sur les atlas, comme si cette partie du monde n'avait pas assez d'intérêt pour qu'un éditeur se donnât la peine d'en publier une carte détaillée. Je n'en découvris de dessin plus précis - à l'échelle i : 300 000 - qu'après mon retour, dans une mince brochure anglaise de la fin du XIXe siècle (où, je ne sais pour quelle raison, elle était mentionnée comme l'île de Saint-Georges). Je dénichai ce livret dont les feuilles se détachaient, quand elles ne se décomposaient pas en flocons de papier, chez un bouquiniste de Schellingstrasse à Munich. Je l'emportai non loin, dans un petit café italien de Türkenstrasse, où je l'examinai en sirotant mon expresso sucré.
Sa forme évoquait une méduse ondoyante dont les multiples petits tentacules formaient sur la carte des pointes et des caps rocheux, intercalés de larges anses arrondies. La partie orientale de l'île était presque entièrement striée, avec la minutie amoureuse des vieux cartographes ; ces stries modelant fidèlement les flancs et les crevasses d'un massif dont le point culminant - représenté par un petit nuage blanc - portait l'inscription : 3400pieds. À l'endroit où le massif plongeait 13 dans la mer, les stries se resserraient jusqu'à disparaître dans la grosse ligne noire de la côte. Au centre de l'île, en revanche, là où s'étendait un haut plateau rocheux couvert de petits buissons, point de stries. Le cartographe avait dessiné un petit ovale pour figurer le lac froid qui se nichait dans une cuvette, mais les trois ruisseaux qui dévalaient les parois du massif pour l'alimenter lui avaient sans doute paru dérisoires, et leurs lits - que le courant recherchait à tâtons à chaque nouvelle saison des pluies - trop aléatoires pour les marquer. Cependant, la rivière qui naissait du lac et traversait les deux villes de l'île était consciencieusement représentée, de même que chaque remous au point de rencontre de son cours paresseux avec la mer, accumulation de petits plis semblant nés du tremblement de la main incertaine du graveur.
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