Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Une fin de journée, comme une parenthèse qui se ferme et une autre qui s'ouvre. Des destins qui s'enchevêtrent sans se rencontrer, des vies qui se font et se défont, emprisonnées dans leur propre univers. Un bar qui accueille quatre couples à l'heure des choix décisifs. Des futurs qui se scellent autour de quelques verres.
Combien de fois le fil de notre destin a-t-il croisé celui d'inconnus sirotant à nos côtés ?
Le Bar de l'Univers, c'est l'improbable rencontre entre huit personnages qui se côtoient sans se voir, le temps d'un apéritif. Huit personnages à la fois originaux et tellement banals, comme chacun d'entre nous.
Ce soir-là, au terme d'une journée riche en émotions, leur vie changera, car ils seront amenés à faire des choix. Choix d'accepter l'autre avec sa différence, de saisir une opportunité, de subir ou de changer le cours de leur vie...
Benoît Luciani est né en 1965. Entrepreneur, marié et père de trois enfants, il est passionné par tout ce qui l'entoure et puise son inspiration dans chaque moment de vie, chaque rencontre, chaque regard. Les bars, qu'il affectionne et fréquente régulièrement, l'ont amené à réfléchir aux destins qui s'y croisent dans le silence, et souvent l'indifférence.
Les courts extraits de livres : 25/02/2007
Mais Pierre ne s'était pas laissé déstabiliser par son apparente détermination. Il avait vu d'autres filles défiler dans son salon pour lui annoncer leur retraite anticipée. D'autres filles tout aussi décidées qu'elle, parfois même virulentes. Mais il ne s'était jamais démonté. C'était lui le patron, et c'était dans ces instants qu'il fallait le leur montrer, sans faiblir. Ce genre de décision ne leur appartenait pas. Aucune décision ne leur appartenait d'ailleurs. Elle venaient prendre leur emploi du temps et leurs billets chez lui. Point. Où irait-il s'il acceptait toutes les démissions de ces minettes ? Que deviendrait-il s'il devait prendre en considération leurs états d'âme ?
«Ton problème, ma chérie, c'est que tu ne seras jamais qu'une pute, ma pute.» Voilà le type de sentence qu'il réservait à celles qui affichaient leur volonté d'indépendance. Voilà la réponse qu'il infligea à Hélène. Une phrase lourde de sens en réponse à son petit verbe de rien. Une phrase qui avait giflé la jeune femme bien plus sûrement que ne l'aurait fait la main lourde de Pierre. Une phrase qui sonnait comme une froide évidence et qui entravait maintenant chacune de ses pensées, chacun de ses mouvements, comme si quelques mots avaient le pouvoir d'emprisonner le corps et l'esprit.
Hélène se décida enfin à se remettre en route. Il était très tôt. Et elle ne voulait croiser personne.
Elle sortit.
Dehors il faisait doux. Le jour n'était pas encore levé. Il serait chaud, comme cet agréable mois d'octobre savait les offrir.
Elle marchait d'un pas lent dans la rue déserte, encore engourdie par la rudesse de la phrase. Pierre n'était pas un méchant homme. Ni violent ni agressif. Il protégeait son fonds de commerce. Il préservait ses intérêts. Contrairement à certains de ses collègues, il n'utilisait ni menace, ni chantage, ni coups.