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Auteur : Daniel Halévy
Date de saisie : 01/03/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-87706-624-2
GENCOD : 9782877066242
Sorti le : 01/03/2007
«En un mot, Monsieur, tâchez de faire mentir ceux qui disent que les Français commencent tout et n'achèvent rien.»
VAUBAN À LOUVOIS
Pour le troisième centenaire de sa mort, la France honore la mémoire du maréchal de Vauban.
Remarqué par le cardinal Mazarin à l'âge de vingt ans, il participe à quatorze sièges. Il est blessé plusieurs fois. C'est lui qui a fait le siège en 1667 des villes de Tournai, Douai, et Lille, prises en neuf jours. Il dirige aussi le siège de Maastricht, en 1673. Puis celui de Mons et de Namur, en 1691 et 1692.
Excellent dans l'attaque, il est encore meilleur dans la défense. Il couvre la France d'un réseau de forteresses et de fortifications qui la protègent contre les invasions et qui seront encore utilisées lors de la guerre de 1914.
On disait : «Une ville construite par Vauban est une ville sauvée, une ville attaquée par Vauban est une ville perdue.»
Mais c'est surtout l'homme de coeur qui nous intéresse et que nous admirons aujourd'hui.
En 1689, dans un Mémoire sur le rappel des Huguenots, il supplie Louis XIV de revenir sur la révocation de l'Édit de Nantes.
Dix-huit ans plus tard, dans un ouvrage intitulé Projet d'une dîme royale, il préconise une réforme des impôts, et demande au roi de prendre conscience de la difficulté dans laquelle vivent les Français.
Généreux, courageux, simple et humain, bravant quand il le faut les foudres du roi, Vauban donne un exemple rare, aussi valable aujourd'hui qu'il y a trois siècles.
La vocation de constructeur du jeune Vauban était sans doute très marquée : Condé l'envoie, pour son début, travailler aux fortifications de Clermont-en-Argonne. Il y manifeste aussitôt l'ardeur de son tempérament guerrier. Quelques anecdotes, celles-ci certaines, racontées par Vauban même, éclairent cette première campagne. Condé assiège Sainte-Menehould ; Vauban est là ; et soudain l'apprenti ingénieur, traversant l'Aisne à la nage sous le feu des mousquets, mène un parti d'attaque où nul ne l'attend et contribue à faire tomber la place. Condé de la rive assistait à l'action qui, écrit Vauban dans son Abrégé, lui fut imputée à grand honneur et lui attira beaucoup de caresses de la part des officiers. On voulut même le faire enseigne dans le régiment de Condé. Il remercia, «sur ce qu'il n'était pas en état d'en soutenir le caractère». C'est-à-dire à cause de sa pauvreté. Dans les corps princiers, la vie était coûteuse, et Vauban devait penser à servir plus obscurément.
Vauban, qui n'avait rien d'un rebelle, rien d'un factieux, se trouvait mal embarqué dans le désordre de cette guerre civile. Il s'en tira bientôt, par hasard et bonheur. En 1653, un jour qu'il chevauchait en compagnie de quelques camarades, un parti royal survint et tomba sur cette troupe. Vauban sut échapper, et, manoeuvrant avec adresse, «il trouva moyen, écrit-il, d'engager le parti dans un chemin creux où, les autres ne le pouvant poursuivre qu'à la file, il tourna tête sur eux, et, les ayant arrêtés tout court, tenant toujours le commandant du parti en joue, il fit sa capitulation, laquelle fut qu'il ne le dépouillerait pas, qu'il ne le maltraiterait pas et qu'il ne le ferait pas marcher à pied, ce qui fut exactement observé».
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