Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Undine Gruenter
Traducteur : Marielle Roffi
Date de saisie : 16/02/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Quidam éditeur, Meudon, France
Collection : Made in Europe
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-915018-18-9
GENCOD : 9782915018189
Sorti le : 16/02/2007
Le jardin est clos mais derrière ses murs. Soudain, un homme de 60 ans, y aime Équilibre, jeune femme «charmante comme la Vénus de Botticelli, une sylphide». Ce jardin d'Eden aussi esthétique que théâtral lui est un écrin où contempler à jamais l'objet de son amour. Mais ce songe de l'un vers l'autre, ce rêve érotique entêtant, cet amour exclusif peuvent-ils prétendre à l'éternel ? Qu'apparaisse l'intrus et le bel ordonnancement est rompu... D'un couple défait, il reste pourtant encore l'histoire... Le Jardin clos est un roman intemporel sur le bonheur qui perdure dans le souvenir comme dans le récit qui en est fait, par-delà la solitude, les déchirements et la séparation. Undine Gruenter livre là, en une langue mélancolique sans pareille, ce qui a fait l'essence de sa vie : l'imaginaire comme lieu du désir. «Que serait celui qui aime sans son imagination ?»
«Undine Gruenter est passée à travers le temps. Ses images continueront à vivre. Son oeuvre survivra à toutes les saisons.»
Dorothea Dieckmann. Die Zeil
«Undine Gruenter a trouvé dans ce texte tardif son ton, désormais incomparable, un ton léger, élégiaque cl mélancolique.»
Marcel Reich-Ranicki. Der Spiegel
On sait au moins depuis les Affinités électives de Goethe que les jardins risquent d'être fatals au couple quand ces enclosures veulent être l'écrin des sentiments ou le lieu exclusif de leur épanouissement. Et pourtant, ce savoir n'empêche pas d'essayer à nouveau, tant ce territoire secret semble propice pour mettre l'amour à l'abri du monde et de ses tourments...
Ce livre est si bien fait, si bien écrit - si bien traduit -, il marie si subtilement l'abstraction et la réalité, l'anachronisme et la modernité, que l'on redoute à chaque page une brisure, une déception. Mais rien ne se brise - sauf l'amour. Qu'est-ce qui fait que le couple se délite ? L'amour est-il aussi artificiel qu'un bout de nature domestiquée ? La passion ne peut-elle durer qu'un temps ? Et qu'est-ce qui distingue l'amour de la passion ?...
Dans le dédale des sentiments, voix et signes s'égarent ou se répondent dans un écho confus qui intègre d'autres appels issus de l'imaginaire et dont les harmoniques sont le sens du frisson.
Elle ne savait pas choisir. Elle le savait aussi peu que d'autres amantes, et finalement, je me suis retrouvé seul. Maintenant, cette maison poussiéreuse et vide dans laquelle nous avons vécu ensemble pendant cinq ans me semble une ridicule tanière abandonnée, un corps vierge que je n'ai jamais possédé. La Marne coule sous la fenêtre de la maison. C'est l'hiver. Pas trace de pêcheur ou de gamin dans sa barque. Le matin, la route est glissante, recouverte de gelée blanche. Et quand le soleil surgit derrière les arbres nus, je n'entends pas d'autres pas que celui du facteur qui n'apporte aucune lettre d'Équilibre. J'ai oublié tout ce qui me tourmente. Les estivants en excursion qui écoutent de la musique sur leurs bateaux, le vrombissement des enceintes et les clameurs de leurs voix ivres. Les promeneurs qui déballent leurs sandwichs ou qui font griller des saucisses et ouvrent des bouteilles de bière sur une des îles du fleuve. Les buildings et leurs élégantes façades vitrées qui, telles des tours de garde sans garnison, bordent les vieux quartiers de notre petite ville. J'ai acheté la maison par une silencieuse journée de novembre, tous les bruits étaient ouatés par un léger brouillard et l'on ne voyait pas âme qui vive sur le fleuve. Même les maisons voisines se tenaient à une distance respectueuse. Et je crus avoir trouvé la bonne maison. Je voulais une maison aux portes de la ville pour que nous nous installions dès le début dans l'isolement. Pas encore mariée, j'enlevais Équilibre aussi vite que possible à la poigne de fer de sa famille aux ramifications multiples. Un procédé qui devait me valoir très rapidement la réputation d'un sadique qui tenait leur fille, leur soeur, prisonnière dans une maison aux portes de la ville. Mais qui libérait Équilibre d'interminables fêtes d'anniversaire, enterrements et scènes familiales. Et maintenant, je ne m'assois plus jamais dans le vieux fauteuil à oreilles à côté de la cheminée puisqu'il est devenu le symbole de notre séparation.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia