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.. Correspondance passionnée

Couverture du livre Correspondance passionnée

Auteur : Henry Miller | Anaïs Nin

Traducteur : Béatrice Commengé

Date de saisie : 14/02/2007

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Stock, Paris, France

Collection : La cosmopolite

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-234-05991-7

GENCOD : 9782234059917

Sorti le : 14/02/2007

Nathalie Bruthiaux - 22/03/2007


  • Les présentations des éditeurs : 27/02/2007

Anaïs Nin et Henry Miller ont entretenu pendant vingt ans une correspondance passionnée. Commencée en 1932, celle-ci s'achève vingt ans après, en Californie, alors qu'ils sont tous les deux devenus célèbres. Récit d'un amour fou, qui fait place peu à peu à la tendresse, ces lettres retracent également l'évolution de leurs oeuvres.

Resté inédit jusqu'à la mort du mari d'Anaïs, ce texte suscite une réflexion intemporelle sur la complexité du sentiment amoureux. L'estime qui n'a cessé d'animer leur relation, et ce même quand ils connaîtront d'autres amours, force l'admiration. Au-delà des malentendus ou trahisons apparentes, ils n'ont cessé de défier ensemble les conventions tout en interrogeant de façon permanente leur conception respective de l'écriture. «Même après, disait Miller, ils parlaient "métier"».

Cette correspondance permet de pénétrer une époque capti­vante et d'approcher deux personnages exceptionnels, unis dans une fidélité essentielle, physique, matérielle et littéraire.


  • Les courts extraits de livres : 27/02/2007

Lycée Carnot, Dijon Jeudi [4 février 1932]

[Anaïs]

Je ne sais par où commencer ! Mon esprit est noyé sous un déluge de matériau. Alors*, j'ai bien reçu votre lettre, et le télégramme. Tout d'abord, bravo ! L'intérêt que vous me témoignez me transporte et suffit déjà à me soutenir. Il ne sera pas nécessaire de rentrer à Paris, ou à Louveciennes, bien que j'apprécie du fond du coeur votre hospitalité. Réservons-nous cette occasion - des temps plus durs nous attendent peut-être. Pour l'heure, je me sens assez fort pour m'accrocher... Peut-être vous ai-je donné l'impression de pleurer comme un bébé. Quel cri ai-je poussé ! Bon Dieu, pourtant, on ne m'avait pas promis un lit de roses ! Donc, si, à l'avenir, je délire ou divague, mettez cela sur le compte de l'«effervescence» littéraire. Toute chose a sa compensation... Maintenant que j'ai fait table nette et que j'en ai fini avec ces explications pratiques (et Dieu sait si j'en ai horreur !), venons-en à d'autres excuses - et enfin à des sujets plus passionnants. Première excuse : le papier. J'ai du bon papier machine que je garde en réserve, et si vous me pardonnez ce manque de formalisme - eh bien, OK ! Peut-être même que mes notes gribouillées au verso titilleront votre imagination. Elles ne me sont plus d'aucune utilité. Deuxièmement, veuillez excuser l'absence de formule de politesse. Je n'ai pas encore appris à vous appeler par votre prénom, et Miss Nin me paraît trop guindé, comme une invitation à venir prendre le thé. J'aimerais pouvoir dire tout simplement «Anaïs», mais cela prend du temps. (Osborn, par exemple, est toujours Osborn.) Comme tout cela est germanique...
Comme je ne serai pas là pour avoir de longues conversations avec vous (sauf peut-être à Pâques, mais serez-vous là ?), pourquoi ne pas discuter de tout cela par lettres ? Les notes que je vous envoie, gardez-les après les avoir lues.


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