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Auteur : Maurice Tubiana
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Ed. de Fallois, Paris, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 2-87706-618-5
GENCOD : 9782877066181
Joachim Salinger - 26/04/2007
Mélanie Couillaud - 21/03/2007
Lise Maussion - 05/03/2007
Maurice Tubiana, né en 1920, jette un regard sur son passé et les combats qu'il a menés. D'abord contre le cancer, qui, de malédiction fatale, est devenu, en partie grâce à ses efforts, une maladie comme les autres par l'efficacité croissante des traitements et la réduction des mutilations qui en résultaient.
Ces succès ont été obtenus dans le cadre d'une médecine plus rigoureuse, plus scientifique, n'acceptant plus les dogmes et les idées reçues, la médecine moderne, dont il a été l'un des pionniers.
De plus, dès 1975, il comprend qu'il vaut mieux éviter les cancers que de les traiter ; il lutte contre les comportements à risque, notamment le tabagisme. Dans ce cas aussi, de grandes victoires ont été remportées, mais on se heurte à l'irrationalité, au désarroi des jeunes, conséquence de la perte de confiance en soi et de la peur du futur. Ce même malaise, à l'échelle du pays, a pour conséquence l'amplification des risques minimes, une réticence devant la science et les innovations techniques, au moment même où celles-ci sont devenues nécessaires. On oublie les valeurs qui ont fait la grandeur de la civilisation occidentale : la curiosité intellectuelle, le goût d'entreprendre, la rationalité.
Ainsi se succèdent, tout au long d'une vie, des combats très différents, mais qui sont tous marqués par la foi en l'homme et la volonté de progrès : la lutte contre le nazisme, de la Résistance aux plages de débarquement, pour la santé, pour une éducation mieux adaptée à notre temps, pour la dignité des jeunes non encore insérés dans notre société et des vieux qui en sont exclus.
Il ne faut pas craindre l'avenir, il faut le préparer : n'oublions pas demain.
Maurice Tubiana a été professeur de cancérologie et directeur de l'Institut Gustave Roussy à Villejuif. Il est membre de l'Académie des sciences et a été président de l'Académie de médecine. Croix de guerre 39-45, il est grand-croix de la Légion d'honneur.
A 87 ans, Maurice Tubiana a rédigé de copieux Mémoires. Les écrire "m'a donné une raison de vivre", écrit le cancérologue, ancien président de l'Académie de médecine...
Au fil de son récit, l'auteur évoque les succès marquants dans la lutte contre le cancer, celui de la thyroïde ou la maladie de Hodgkin, sans esquiver le scandale de l'ARC (Association pour la recherche sur le cancer), à l'époque dirigée par Jacques Crozemarie...
On peut approuver, ou au contraire être en désaccord, avec Maurice Tubiana. Mais il émerge de cet ouvrage sincère l'autoportrait d'un homme entier.
Dans ses Mémoires, le grand cancérologue Maurice Tubiana raconte les bouleversements dont il a été le témoin et exhorte l'homme à rester maître de son destin...
De cette expérience du siècle passé, Maurice Tubiana tire la conviction que l'homme, pourvu qu'il le veuille, reste libre de préparer des lendemains heureux ou, au contraire, de tomber dans la régression. Et aujourd'hui, il se désole de constater que cette deuxième voie est plus pratiquée. Après sa victoire sur le communisme, le monde occidental lui paraît en proie au doute, aux remords, à une angoisse destructrice...
Mais le grand combat de Maurice Tubiana, c'est évidemment celui contre le cancer auquel il a consacré son énergie et qu'il a prolongé en se faisant l'apôtre de la lutte contre le tabagisme. Admirables pages que celles où il retrace les étapes de cette croisade pour la vie, ponctuée de doutes, de tâtonnements, mais également de jours lumineux marqués par des progrès décisifs contre le mal : «Quand on a participé à ce moment crucial où on parvient à guérir une maladie jusque-là toujours mortelle, c'est une aventure tellement intense et exaltante que, comme pendant la guerre, on se sent transporté au-dessus de soi.» Alors que tant de charlatans occupent le devant de la scène, il faut lire le témoignage de ce grand médecin humaniste dont l'esprit reste passionnément tourné vers l'avenir.
DÉFENSE ET ILLUSTRATION DU XXe SIÈCLE
Comment mettre de l'ordre dans le flot de souvenirs ? Je voudrais d'abord illustrer avec quelques exemples les changements du mode de vie. À Alger, dans mon enfance, l'allumeur de réverbères apportait la lumière ; on l'attendait ; s'il était malade, la rue restait noire et, dans ce cas, le lendemain quand il réapparaissait, on lui demandait, en l'interpellant du balcon, des nouvelles de sa santé. Une soeur de ma mère habitait Bougie, ravissant petit port à 300 kilomètres d'Alger ; elle et ses fils n'avaient pas d'auto et se déplaçaient dans un break tiré par deux chevaux qui avait appartenu à son mari tué à la guerre de 14-18 et auquel ils restaient fidèles. Quand nous allions passer quelques jours chez elle, nous étions enchantés les premiers jours, mais vite nous regrettions le confort des automobiles. À Alger, il y avait dans les rues autant de charrettes tirées par un mulet ou des chevaux que de camions, mais les calèches avaient été supplantées par les automobiles, sauf pour les mariages et les enterrements. En 1925, les pannes d'électricité étaient si fréquentes qu'on avait toujours à portée de main des lampes à gaz et je me rappelle vers 1930 l'installation du chauffage central à la maison, que certains amis de mes parents considéraient comme une excentricité.
À Cahors, où après mon mariage, en 1953, nous allions souvent dans ma belle-famille, nous étions réveillés très tôt le matin par les cloches de l'église voisine sonnant l'angélus. Plus tard, vers 8 heures, on entendait les roulements de tambour du crieur public qui débitait, d'une voix de stentor, nouvelles et annonces (par exemple l'arrivage, au marché, de poissons, ce qui ne se produisait qu'une ou deux fois par semaine), qui sont celles que donnent aujourd'hui les radios locales ou la page du journal régional.
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