Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
En décembre 1999, le naufrage du pétrolier Erika affrété par la compagnie Total provoque une marée noire sur les côtes bretonnes.
Après le Tanio et l'Amoco-Cadiz, un nouveau drame de la mer entraîne un désastre écologique.
L'Erika était-il en mesure de naviguer ? Le commandant du navire a-t-il pris toutes ses responsabilités ? Dans quelles conditions l'Erika s'est-il cassé en deux ? Quelles ont été les procédures d'intervention pour tenter de sauver le pétrolier ?
Dans Erika : plus jamais ça ! Jean Bulot, ancien commandant des remorqueurs Abeille Languedoc et Abeille Flandre qui a consacré sa vie au sauvetage et à la lutte contre les marées noires, raconte l'implacable mécanique du naufrage de l'Erika. Il propose également des pistes de réflexion pour améliorer la sécurité en mer.
Erika : plus jamais ça ! est un document passionnant qui se lit comme un roman noir.
Membre de la Chambre arbitrale maritime de Paris, Jean Bulot est écrivain et marin. Il a notamment publié aux Éditions des Équateurs ses mémoires, Capitaine Tempête. Il vit sur l'île d'Arz, dans le Morbihan.
Les courts extraits de livres : 28/02/2007
C'est ainsi que la Marine nationale, quelques mois plus tard, fit mouiller un gros coffre sur trois ancres dans la baie du Stiff à Ouessant et sur lequel nous venions nous amarrer dès qu'il faisait mauvais. Si par gros temps de suroît ou d'ouest, nous y étions parfaitement à l'abri, par contre, dès que les vents passaient au noroît, une grosse houle poussée par le courant de jusant entrait dans la petite baie. Notre position devenait alors inconfortable et surtout dangereuse ; il fallait larguer le coffre et capeyer au large. Depuis vingt ans, l'Abeille Flandre est à l'écoute de toutes les fréquences de détresse et se tient prêt à appareiller dans les vingt minutes qui suivent un appel au secours. Tout comme les nombreux marins qui l'ont armé tout au long de sa longue et brillante carrière, aujourd'hui les douze hommes à bord ont le sentiment d'accomplir une noble tâche et en sont fiers.
Bien que le temps ne soit pas encore à la furie, il ne fait toutefois pas bon être en mer en ce 10 décembre, et les prévisions météorologiques pour les prochains jours ne sont guère plus encourageantes. Au large de la pointe de la Bretagne, de nombreux navires ont ralenti l'allure ou tiennent plus ou moins une cape forcée tandis que les autres, poussés au cul par la grosse mer, entrent en Manche en roulant et en tanguant. L'Erika ne tient pas la cape mais avance à guère plus de 8 noeuds.