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«Avec [mon mari], je me sens collée comme une mouche sur un papier à glu et je subis les coups comme si je ne méritais que ça.»
Quand Marguerite Binoix épouse Raphaël, elle attend de ce mariage tout le bonheur dont rêve chaque jeune fille. Mais rapidement, sa vie conjugale va tourner au cauchemar. Les brimades, d'abord occasionnelles, deviennent récurrentes, bientôt suivies par les insultes et les coups. Déstabilisée par l'alternance de violence et de caresses, terrifiée à l'idée de perdre ses filles, Marguerite, malgré elle, se soumet. Après avoir vécu l'enfer et frôlé la mort, elle accepte progressivement de se reconnaître victime et non coupable. Détruite psychologiquement, ce sera au prix d'un long combat qu'elle parviendra à se défaire de son bourreau, pour se reconstruire et réussir, enfin, à vivre.
À travers ce livre poignant, Marguerite Binoix témoigne de la complexité de l'engrenage qui mène à la violence conjugale. Avec force, elle relate le processus de destruction que subissent, parfois irrémédiablement, beaucoup trop de femmes au sein de leur couple.
Les courts extraits de livres : 01/03/2007
La fraîcheur automnale nous surprend un peu lorsque nous quittons l'auberge mais nous avons autant de soleil au-dessus de la tête qu'au fond du coeur, si bien que nous nous amusons d'un petit tour sur les rochers que la mer éclabousse. Bérénice quitte ses souliers en riant, avance jusqu'où la vague se brise, pour revenir trempée de cette eau salée qu'elle aime tant. Elle tord ses longs cheveux noirs qui ruissellent tandis que Noël se précipite dans la voiture dont il sort une serviette-éponge et un plaid. «Comme il la connaît ! me dis-je, la paix dans l'âme, il prévoit tout.»
Le dimanche matin, ma fille a rendez-vous avec son père. J'aurais aimé proposer une famille unie à mes amoureux mais nous sommes divorcés et je vais les laisser seuls annoncer leur prochain mariage à celui qui fut mon époux. Bérénice vient me montrer fièrement qu'elle n'a rien négligé dans sa toilette et que Noël n'oublie pas sa cravate ; je les trouve charmants et les laisse partir le sourire aux lèvres. Je pense avoir devant moi une journée entière pour vaquer à mes occupations et me colle derrière mon ordinateur une fois le ménage terminé, mais, dès deux heures de l'après-midi, j'entends derrière mon dos un «coucou, maman» qui sonne faux. Surprise, je me retourne, ils sont bien là, mes tourtereaux, les bras ballants, devant la porte de mon bureau. Bérénice pleure, Noël a un visage crispé que je ne lui connais pas. Que s'est-il passé ?
- Papa ne veut pas venir à notre mariage, annonce ma fille entre deux sanglots.