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Auteur : Nicolas d' Estienne d'Orves
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : XO, Paris, France
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-84563-231-8
GENCOD : 9782845632318
Alban Guyon - 12/04/2007
Nathalie Bruthiaux - 22/03/2007
Que sont devenus les enfants nés dans les haras humains créés par les nazis ?
Un thriller saisissant
1995, en Allemagne. Le même jour, quatre hommes sont découverts, une ampoule de cyanure brisée dans la bouche, nus, la main droite coupée. Une seule certitude : les quatre hommes sont tous nés dans un Lebensborn, l'organisation la plus secrète des nazis, des haras humains où les SS faisaient naître de petits aryens pour réaliser leur rêve dément d'une race pure. Les autorités allemandes étouffent l'affaire.
Paris, 2005. Anaïs, jeune journaliste, est contactée par un étrange personnage, Vidkun Venner, un riche collectionneur norvégien. Vidkun a reçu une mallette, anonyme, contenant quatre mains momifiées. Quatre mains droites. Il veut qu'Anaïs l'aide à découvrir d'où elles viennent, et pourquoi on lui a envoyé ce macabre colis.
Très vite, la tension monte autour d'Anaïs. À mesure qu'elle avance dans son enquête, des signes inquiétants surgissent, des dossiers d'archives sont volés, des témoins refusent de parler, d'autres... disparaissent. Anaïs en vient à douter : tout s'est-il vraiment arrêté à la fin de la guerre ?
Un terrifiant parcours initiatique dont ni Anaïs ni Vidkun ne sortiront indemnes.
À 32 ans, Nicolas d'Estienne d'Orves, journaliste et écrivain, nous livre, avec ce thriller à la documentation exceptionnelle, une enquête haletante et une extraordinaire exploration du Mal nazi.
Nicolas d'Estienne d'Orves planifie pour ses lecteurs une descente aux enfers, par paliers, qui rappelle la scène finale de l'ascenseur dans le film Angel Heart, d'Alan Parker. Mais, en feuilletonniste accompli, il sait récompenser son public de toutes les angoisses qu'il lui inflige...
Toujours frondeur, rusé, captivant, l'auteur d'Othon ou l'Aurore immobile (prix Roger-Nimier en 2002) trousse un suspense efficace et diablement retors. Avec une pincée de paranoïa, une louche d'horreur et un zeste de fiel, cet écrivain du malaise (dans la lignée d'un Brussolo, d'un Jean Ray ou d'un H. P. Lovecraft) concocte une vertigineuse promenade de six cents pages au bord du précipice.
FLK se retourne comme un spectre.
- Ce n'est pas un jeu, Anaïs.
Je ne peux m'empêcher de frémir. L'homme est devenu perçant, presque agressif. Comme si sa belle veste grenat cachait une armée de rasoirs.
Je déglutis et me pétrifie sur mon siège, en me demandant ce que je fais ici.
FLK arpente maintenant son bureau et, du revers de la main, caresse amoureusement ses rayonnages de livres. Muette, de plus en plus mal à l'aise, je distingue les nombreux best-sellers publiés par les «presses FLK» : les romances féminines d'Evelyne Schänkl ; les thrillers des jumeaux Leclerc ; les romans historico-sentimentaux de Marjolaine Papillon ; les polars de Cédric Meillier... Toute cette littérature dont mon père raffole. Ou raffolait, car lit-il encore ?
- C'est un travail de fond, poursuit l'éditeur en regagnant son fauteuil. Un travail très bien payé, comme n'aura pas manqué de vous le dire Clément...
Je songe aux cent mille euros en jeu et dois rougir malgré moi ; aussitôt l'éditeur retrouve sa mine joviale et esquisse un sourire.
- Vous êtes jeune, Anaïs. Vous avez du talent, vous savez écrire. Votre ami Clément m'a vanté vos mérites. Ce job est fait pour vous !
Persuasif, le bonhomme ! Encore un qui devrait faire de la politique : il passe du hachoir à la guimauve avec une aisance confondante. Tentant pourtant de garder mon calme, j'objecte :
- Vous ne m'avez encore rien dit... FLK ouvre un tiroir de son bureau. Il en tire une revue qu'il pose sous mes yeux, en s'éclaircissant la gorge.
- Der Spiegel, grand hebdomadaire allemand, articule-t-il d'une voix étouffée, comme s'il s'apprêtait à me livrer un secret d'État.
Je baisse la garde et prends le magazine avec précaution. L'illustration de couverture me fait frissonner. Ce dessin représente quatre cadavres dans une morgue ; derrière eux, on distingue l'ombre d'un homme au bras tendu. Hitler, sans doute. En surimpression, un gros point d'interrogation s'achève en croix gammée. Le journal est daté du 23 juin 1995.
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