Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
«... alors mon âme s'est révoltée,
Et mon esprit s'est envolé
vers des niveaux inaccessibles.
J'ai souhaité si fort dépasser mes limites, Mon
désir est devenu force créatrice, Et lorsque j'ai
formulé mon souhait à la nature, elle l'a exaucé.»
Remise en question des considérations traditionnelles sur la vie, l'amour et la mort, Orages réunit toutes les facettes de Khalil Gibran, poète chrétien du Moyen-Orient parmi les plus connus en Occident. Paru au Caire en 1920, ce recueil est constitué de poèmes et de textes écrits en arabe, publiés dans la presse à partir de 1912. Passant de la tendresse à la colère, du rêve au mépris, de la critique sociale à l'action engagée, l'auteur y encourage à détruire pour mieux reconstruire. Pour comprendre la sagesse du Prophète, il convient de lire les tourments de Gibran dans Orages.
Khalil Gibran est né en 1883 au Liban, dans une famille chrétienne de rite maronite. En 1894, il émigré aux Etats-Unis puis retourne dans son pays natal en 1 897 pour étudier à l'Ecole de la Sagesse de Beyrouth. Son livre Les Esprits rebelles, considéré comme hérétique par les autorités maronites, sera brûlé en place publique. En 1910, il retourne définitivement à New York pour se consacrer à la peinture et à la poésie. C'est en 1923 qu'il écrit son chef-d'oeuvre, Le prophète. Il meurt en 1931.
Les courts extraits de livres : 02/03/2007
Rien que quelques violettes, celles qui vivaient au pied du mur...
Ayant retrouvé leurs esprits
Au milieu du paysage de désolation,
Les violettes se félicitèrent d'être en vie.
Elles bénirent leur petitesse qui les protège de la nature et de ses éléments.
Elles regardèrent la rose avec regrets.
Elles s'apitoyaient sur son destin tragique,
La tige cassée, gisant sur le sol, tel un cadavre.
La reine des violettes disserta longtemps sur les dangers de l'ambition,
S'étalant plus longuement sur les vertus de la modestie et l'effacement.
«Que le sort de cette violette vous serve de leçon...»
La rose, agonisante, rassembla ses forces et murmura :
- Écoutez-moi, écoutez bien.
Hier encore, j'étais comme vous,
Je me contentais de vivre entre mes feuilles vertes.
Cette quiétude même faisait barrage entre la vie et moi,
Ce contentement limitait mon être à sa propre sécurité.
Il m'a été donné de vivre comme vous, au ras du sol,
Jusqu'au jour où la neige de l'hiver viendrait pour m'enterrer,
Comme elle enterre toutes les violettes.