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Auteur : Catherine Sellenet
Date de saisie : 22/02/2007
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Erès, Toulouse, France
Collection : Petite enfance et parentalité
Prix : 23.00 € / 150.87 F
ISBN : 2-7492-0706-1
GENCOD : 9782749207063
Sorti le : 22/02/2007
Alors que les médias, les politiques et même les professionnels de l'enfance décrient les défaillances du père d'aujourd'hui, qu'en est-il exactement ? Si tout le monde s'accorde sur l'évolution de la paternité, les avis sont partagés sur son sens : les pères sont-ils plus impliqués dans l'éducation de leurs enfants ou au contraire sont-ils de moins en moins responsables ? S'il est vrai que le père moderne est peu autoritaire, constitue-t-il toujours une référence ?
Des psychologues, des sociologues, des pédagogues de France et de l'étranger apportent ici leur contribution au débat et tentent de répondre aux questions très concrètes que posent les nouvelles paternités : Le primat de la mère dans la relation à l'enfant est-il une donnée incontournable ? Que deviennent les interactions père-enfant lorsqu'il y a séparation du couple ? Qu'entendre de la revendication paternelle concernant la garde de l'enfant ou la résidence alternée ? Quelles conséquences pour l'enfant lorsque l'image sociale du père est abîmée ? Peut-on accepter l'homoparentalité et la concevoir sans risques pour le développement de l'enfant ? Comment se joue la pluriparentalité lorsqu'un père voisine avec un beau-père ? Tous les pères, sous tous les cieux et dans tous les pays, sont-ils confrontés aux mêmes problèmes ? Que nous apprennent les mythes et les contes sur cette figure paternelle incontournable ?
Catherine Sellenet est professeur d'université en sciences de i'éducation à Nantes. Sociologue et psychologue, elle dirige le CREC (centre de recherche éducation-culture) et elle poursuit des recherches sur la famille et les interventions sociales au sein du CREF de Paris X-Nanterre.
Avec la participation de : Dominic Bizot, Sylvie Cadolle, France Frascarolo, Daniel Qorans, Emmanuel Graton, Marie-Hélène Inglin-Routisseau, Martine Lani-Bayle, Patricia von Munchow, Françoise Nicol, Valère Nkelzok Komtsindi, Fabienne Portier-Le Cocq, Christian Poslianec, Chantal Zaouche-Gaudron.
Devenir père
Comme le soulignent Brazelton et Cramer (1991), la paternité s'ancre dans une «prédisposition à la parentalité» qui interroge l'histoire personnelle du sujet, elle-même inscrite dans une histoire familiale plus complexe. Contrairement à la visée déterministe, qui relate un passé familial déstabilisant et déstabilisateur dans cet univers de précarité, l'histoire familiale des pères rencontrés ne semble pas empreinte d'un vécu particulièrement perturbateur ou pathogène. Par contre, on rencontre une certaine détermination socio-économique dans la mesure où ils ont tous grandi au sein de familles disposant de peu de ressources financières, et dans lesquelles, le plus souvent, la mère restait au foyer, dans un schéma traditionnel de la famille. La plupart d'entre eux évoquent une relation chaleureuse avec leur mère au cours de l'enfance : «C'était de très bonnes relations [...] la meilleure maman du monde [...] elle était tendre, gentille» ; «La maman c'est tout [...] chaleureuse, attentionnée, proche...», et soulignent son importance particulière dans leur vie jusqu'à l'âge adulte : «J'ai ma mère au téléphone chaque deux jours [...] la relation est toujours maintenue [...] j'en ai besoin.» De nombreux souvenirs, précis et détaillés, des moments partagés avec elles émergent des discours : «Un bon moment passé avec ma maman, c'est des trucs routiniers, c'est d'aller faire trois courses avec elle.» Ou encore : «Elle écoutait tout le temps ce qu'on avait à dire, elle nous conseillait beaucoup.» Peu témoignent a contrario d'une relation à la figure maternelle teintée d'ambivalence avec surprotection ou sentiment d'abandon. Du côté des relations avec leur père, les termes de «sévérité», d'«autorité» ou encore d'«absence» jalonnent les récits, bien qu'elles soient qualifiées de satisfaisantes. Semés de critiques, de propos paradoxaux à l'encontre de la figure paternelle - tels : «Il était sévère et adorable en même temps», «le père, néant [...] mais présent d'une autre manière» -, les discours tendent cependant à la valoriser. Les pères soulignent aussi qu'ils ont reçu des valeurs, en priorité l'amour et l'honnêteté, qu'ils estiment être des bases nécessaires pour pouvoir grandir et se construire. Actuellement, la majorité maintiennent un contact régulier et des relations satisfaisantes avec leur père. De façon générale, la figure maternelle, centrale dans les discours, se révèle contenante et constitue un étai dans les trajectoires de vie, de l'enfance à l'âge adulte. La figure paternelle, plus ambivalente voire idéalisée, réfère néanmoins à un modèle suffisamment structurant pour que ces hommes se construisent en tant que pères.
Chantal Zaouche-Gaudron
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