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En France, la politique est un sport national. Pourtant, les Français connaissent mal le fonctionnement de l'institution républicaine et nourrissent à son égard un sentiment ambivalent. Discrédité par les promesses non tenues et les ravages de la langue de bois, le discours des élites est accueilli avec méfiance par le citoyen lambda. Comme lui paraît frivole l'idée qu'on puisse infléchir son destin et a fortiori celui de la nation entière avec un simple bulletin de vote ou par une action forcément limitée.
Las ! Malgré ses dérives et ses imperfections, la démocratie demeure un «jeu» (un jeu de société), auquel le moyen le plus sûr de perdre est de ne pas jouer. Or l'enjeu est de taille : de notre participation au débat politique dépendent non seulement la bonne administration du pays, mais aussi la pérennité de l'État de droit.
Par qui sont faites les lois ? À quoi servent les sondages ?... Le modeste objectif poursuivi par ce livre est de déchiffrer les règles du jeu démocratique inscrites dans la Constitution (ou pas) afin de vous réconcilier avec la politique et, le moment venu, d'éclairer votre choix.
Philippe Reinhard, journaliste politique, écrit depuis plus de trente ans pour la presse nationale et régionale. Il est notamment l'auteur de Après Chirac, le bal des prétendants et de Chirac Sarkozy, mortelle randonnée.
Les courts extraits de livres : 06/03/2007
La responsabilité politique du président
Pénalement intouchable, le président de la République française est de facto politiquement irresponsable. Au moins jusqu'à la fin de son mandat. En pratique, il n'existe qu'un moment où la responsabilité politique du président peut être mise en cause : c'est lorsqu'il décide de se représenter au suffrage des Français. C'est ainsi que Valéry Giscard d'Estaing, candidat à sa succession en 1981 a été battu par François Mitterrand.
En dehors de ce cas de figure, le président n'est pas responsable devant le Parlement et, chose plus grave, ne l'est pas non plus devant le peuple. Ou, plus exactement, il ne se considère plus comme responsable devant les Français.
Il n'en a pas toujours été de même. Conscient de la nécessité de vérifier sa légitimité à intervalles réguliers, le général de Gaulle a mis la poursuite de son mandat en jeu à chaque fois qu'il a consulté le pays par référendum. Bien que réélu confortablement en 1965, et après avoir obtenu une majorité législative massive en 1968, le fondateur de la Cinquième République a quitté le pouvoir à la suite du référendum perdu du 27 avril 1969.