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.. Le ciel n'attend pas

Couverture du livre Le ciel n'attend pas

Auteur : Tawni O'Dell

Traducteur : Bernard Cohen

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Belfond, Paris, France

Collection : Littérature étrangère

Prix : 21.00 € / 137.75 F

ISBN : 2-7144-4292-7

GENCOD : 9782714442925

Un instant de crise, une femme d'exception, un lieu improbable, une communauté en marge et une intrigue surréaliste !
Ce roman ancré dans une réalité quelque peu morose, ouvre une parenthèse dans la vie de chacun, brise un quotidien si prévisible.
Cette femme, c'est Shae-Lynn, une quarantaine d'années, légèrement excentrique; elle conduit des taxis pour la petite ville de Jolly Mount. Comme les autres, elle est accrochée à ce lieu qui signifie tout pour elle.
L'endroit est plutôt sinistre, il s'agit d'une cité minière qui vient de connaître un drame dans l'une de ses mines.
Quant à cette petite communauté, elle se compose de mineurs choqués, traumatisés ou même handicapés par l'accident qui vient d'avoir lieu. Ce sont des hommes qui aiment leur travail et qui n'imaginent pas faire autre chose ; des hommes qui jusque là n'intéressaient personne et qui sortent brusquement de l'ombre l'espace d'un instant pour devenir la cible de tous les journalistes en tant que rescapés de l'explosion de la mine.
Pour ce qui en est de l'intrigue, elle repose sur l'arrivée impromptue de la soeur de Shae Lynn; cette dernière débarque enceinte jusqu'au cou après avoir disparu depuis de longues années.
En fait, ce qui importe, c'est ce qui découle de ces deux éléments perturbateurs. L'explosion tout comme le retour de la soeur de Shae Lynn vont bouleverser les uns et les autres, mettre au jour de nouveaux horizons.
Un instant de vie vécu comme une remise en question, une parenthèse qui mêle le passé au présent pour enfin aller de l'avant.


François Attia - 01/06/2007


François Attia - 31/05/2007


  • Les présentations des éditeurs : 07/03/2007

La confirmation d'un auteur exceptionnel, dans la tradition des grands naturalistes américains, de Russell Banks à Richard Russo. Un roman violent et tendre, la description sans concession mais toujours chaleureuse de la vie dans une cité minière en perdition, autour d'une héroïne inoubliable.

Energique et grande gueule, Shae-Lynn, quarante ans, a rangé au placard son uniforme de flic pour devenir chauffeur de taxi à Jolly Mount, sa ville natale. Pendant des années, Shae-Lynn s'est débattue pour échapper à la violence de son père, au cynisme de Cam Jack, le propriétaire de la mine, et pour élever seule son fils Clay. Elle a choisi d'oublier enfin E. J., celui qu'elle aime en secret, et de tourner le dos à son passé.

C'est alors que sa petite soeur, Shannon, qu'elle croyait morte depuis longtemps, fait sa réapparition. Terrifiée, sur le point d'accoucher, celle-ci est suivie de près par un avocat new-yorkais pressé, une femme au foyer désespérée et un mafieux russe plutôt prévenant.

Où était passée Shannon ? Que lui veulent ces gens ?
Pour venir en aide à sa soeur, Shae-Lynn va devoir replonger dans le passé familial, des secrets qu'elle pensait soigneusement enfouis...

Traduit de l'américain par Bernard Cohen.



  • La revue de presse Christophe Mercier - Le Figaro du 31 mai 2007

Comme Voyage au bout de l'enfer, en effet, Le ciel n'attend pas plonge le lecteur dans le monde ouvrier (ici des mineurs, là des métallurgistes), et renoue avec le ton des fresques sociales chères à John Steinbeck - l'un des modèles de Miss O'Dell -, et qu'on avait rarement retrouvé depuis...
On sent son attachement pour les mineurs, dont elle parle sans misérabilisme, avec énormément de respect pour leur courage, leur sens de la solidarité, leur amour de leur métier. Le ciel n'attend pas est à la fois l'histoire au quotidien d'une communauté ouvrière, et celle d'une famille et de ses secrets. Les aventures de Shannon donnent lieu à quelques passages savoureux (elle est poursuivie par un malfrat russe, par une inénarrable bourgeoise du Connecticut, et par un avocat véreux), mais le meilleur du livre réside dans les scènes consacrées aux rescapés de la mine, à la vie de tous les jours de héros anonymes, à leur indéfectible dignité. L'Amérique de Tawni O'Dell a rarement les honneurs de la littérature. Une bonne raison pour aller à sa rencontre.


  • La revue de presse Karine Papillaud - Le Point du 17 mai 2007

Passer à côté du dernier livre de Tawni O'Dell revient à se priver d'un plaisir rare : celui de voir émerger un grand écrivain...
«Le ciel n'attend pas» est un livre généreux mais âpre. Il aborde des thèmes qui dérangent, comme le trafic d'enfants aux Etats-Unis. Mais, plus que dans ses précédents livres, Tawni O'Dell y laisse une place à l'espoir et ouvre une large porte de sortie à ses personnages.


  • La revue de presse Emilie Grangeray - Le Monde du 4 mai 2007

Dans l'âpreté des paysages, Tawni O'Dell raconte ces vies fracassées où la tendresse et l'amour se montrent à coups de pied au cul et d'insultes. Elle dit la misère sociale, les enfances détruites par les violences quotidiennes, ces existences où l'on parle peu et où l'on ne se laisse jamais aller aux larmes...
Mais ce que questionne avant tout Tawni O'Dell est bien la notion de place. D'origine. De passé auquel, un jour, tous ses personnages doivent faire face. Autant de thèmes qui rapprochent Tawni O'Dell des grands auteurs américains naturalistes, Russell Banks et Richard Russo. Empruntant la forme du roman social mâtiné de thriller, Tawni O'Dell taille des portraits comme personne et donne à voir la dureté de sa terre natale, pour laquelle elle garde pourtant une affection profonde.


  • La revue de presse André Clavel - Lire, avril 2007

Nous sommes à Jolly Mount, une ville qui vient d'être endeuillée par un tragique éboulement souterrain. C'est là que vit la narratrice, Shae-Lynn, ex-policière qui conduit maintenant un taxi mais qui continue à jouer les Mère Courage pour défendre les humbles de la bourgade - à coups de poing s'il le faut...
Aux confidences croisées de Shae-Lynn et de Shannon, Tawni O'Dell ajoute des pages terribles sur le trafic des enfants aux Etats-Unis et sur les drames des «gueules noires» ensevelies dans l'enfer des houillères. Un roman superbe, dans la grande tradition du naturalisme à l'américaine, façon Russell Banks.


  • Les courts extraits de livres : 07/03/2007

Je vais m'asseoir au bar, aussi loin que possible des autres. L'un des hommes m'adresse un signe de tête. Je le lui rends.
Impossible de savoir si c'est par gratitude et respect que les gens me saluent, ou par crainte et sourde détestation. C'est l'un des risques de mon ancien métier.
- Qu'est-ce que je te sers ? Une bière ?
- Je ne pense pas que tu aies du Champagne, si ? Sandy secoue lentement la tête en souriant. Je tiens mon goût pour le Champagne d'une aventure avec un professeur français de Georgetown, du temps où je travaillais dans la capitale fédérale. Avant lui, je n'en avais jamais bu, ni aucun vin de France. Lui, en revanche, était un fin connaisseur, aussi exigeant en matière de bonnes bouteilles que de fromage. Je l'avais d'abord pris pour un insupportable prétentieux, mais j'étais disposée à lui pardonner ce travers parce que son accent était à lui seul un meilleur préliminaire érotique que toutes les galipettes sexuelles que j'avais essayées avec d'autres. Je parvenais presque à l'orgasme rien qu'en l'écoutant. Et puis, après avoir essayé les vins et les fromages qu'il me conseillait, j'ai découvert qu'il avait raison. C'était une autre réalité, une expérience incroyable. J'ai aussi compris que ses récriminations contre le vin californien et le fromage en tranches Kraft ne provenaient pas d'un quelconque snobisme mais de ce qu'il appartenait à une culture qui avait produit quelque chose de meilleur, quelque chose qui lui manquait en Amérique. C'était à peu près comme si j'étais allée vivre un temps en France et que je déprimais parce que je n'arrivais pas à me trouver un bon revolver. Il habitait une magnifique vieille bicoque dont la chaudière était mortellement imprévisible.


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