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Auteur : Louise Marley
Illustrateur : Sébastien Hayez
Traducteur : Thibaud Eliroff
Date de saisie : 15/02/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Mnémos, Paris, France
Collection : Icares
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 2-915159-98-X
GENCOD : 9782915159981
Sorti le : 15/02/2007
Londres, 1761. Eilish Eam est irlandaise et orpheline. Afin de subsister, elle joue de la musique dans la rue. Un soir Benjamin Franklin l'entend et l'engage pour l'aider à accorder, puis jouer de sa dernière invention : l'harmonica de verre. Mais malgré la passion d'Eilish pour cet instrument et l'amitié de la célèbre Marianne Davies, des fantômes du passé et du futur viennent hanter la jeune fille.
Seattle, 2018. Erin Rushton est une musicienne prodige, la plus grande joueuse contemporaine d'harmonica de verre. Cet instrument connaît un regain de popularité grâce à la vague de nostalgie qui touche le pays - les grandes villes ont été transformées en parcs à thème du passé, dont les pauvres, peu décoratifs, ont été évacuées. Lorsqu'Erin donne un concert, des visions viennent parfois rompre l'harmonie, des images d'une fille étrange, habillée à l'ancienne mode...
Louise Marley est née en 1952 en Californie. Elle vit actuellement à Redmont, dans l'état de Washington. Petite, elle découvre le Magicien d'Oz et devient férue de romans de science-fiction et de fantasy. Plus tard, elle rêve d'écrire mais l'appel de la musique l'emporte dans un premier temps. Elle devient alors chanteuse d'opéra et sera soliste de concert à Seattle, en Italie et en Russie. Elle donne également des cours de chant lyrique au conservatoire.
Son fils devenu grand, elle décide de se consacrer entièrement à l'écriture. Elle signe une dizaine de romans, des nouvelles, des articles et enseigne la littérature de genres à l'université.
Les textes de Louise Marley entretiennent un rapport étroit à la musique, explorant les relations subtiles et naturelles qui existent entre l'imaginaire musical et l'imaginaire en littérature ; elle compare souvent l'opéra à la fantasy et à la science-fiction, s'inscrivant dans la lignée de Greg Bear ou de K. W. Jeter. Sa connaissance de la musique et du milieu musical donne au roman une saveur et une authenticité inhabituelles.
La première partie du programme était la même que d'habitude, l'Adagio et le Rondo de Mozart, le Rondeau de Reichardt, la grande scène de Lucia. De proportions imposantes, la soprano qui chantait Lucia portait une robe d'un bleu éclatant et des boucles d'oreilles étincelantes qui envoyaient des reflets chaque fois qu'elle tendait les bras ou que sa poitrine se soulevait. Erin savait que Lewitt y trouverait à redire, mais le public semblait aimer ça. Alors que les doigts précis d'Erin répondaient au staccato de la chanteuse, de minuscules gouttes d'eau s'échappaient des verres en mouvement et scintillaient dans la lumière en retombant. L'acoustique du Sokol Hall fit honneur aux passages d'écho, comme le confirma l'ovation à l'entracte.
La soprano, Erin et Lewitt saluèrent tour à tour, puis l'orchestre se leva et Lewitt salua une deuxième fois. Il prit la main de la chanteuse pour un autre salut, puis, sans aucun avertissement, il fit signe à Erin de venir sur le devant de la scène. Surprise - elle était déjà retournée derrière son instrument pour couper l'alimentation -, Erin s'écarta de l'harmonica et s'inclina rapidement. Elle n'allait quand même pas se priver d'un de ces courts instants de gloire.
Sa robe lui était complètement sortie de l'esprit. En s'affaissant, le décolleté dévoila un aperçu de sa peau laiteuse et de son fond de robe en satin noir. Elle appuya sa paume contre le tissu pour retenir la robe, mais trop tard. Oh, bon sang ! Encore ! Elle sourit et hocha la tête comme si de rien n'était, mais sentit ses joues s'enflammer alors qu'elle précédait Maestro Lewitt dans les coulisses.
Une fois passé le rideau, Erin se dirigea droit dans sa loge, sans prêter la moindre attention au bavardage de l'orchestre qui quittait la scène. Le régisseur lui apporta une tasse de thé, et elle resta assise à le siroter durant tout l'entracte essayant de se convaincre que le salut ne comptait pas, que personne n'avait rien vu. Quand le programme reprit, elle regarda sur le moniteur l'orchestre interpréter Barber and lves. Elle se lava les mains une fois de plus juste avant le Requiem puis gagna les coulisses pour attendre son tour.
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