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Dans sa bourgade, Clarisse s'ennuie. Ici, sur les bords de la Creuse, il ne se passe jamais rien. Elle aura bientôt trente ans et tous ses rêves s'éloignent insensiblement. Peut-être est-il déjà trop tard ?
Le destin va en décider autrement : un soir, dans la librairie qu'elle tient sur la grand-rue, apparaît une silhouette inconnue, menaçante, vêtue de cuir, automatique en main. Curieusement, Clarisse n'a pas peur. Ce voyou aux allures de fauve est une jeune fille. En quelques secondes, Clarisse est devenue l'otage d'une braqueuse traquée par toutes les polices locales. Elle doit l'aider dans sa fuite, elle n'a pas le choix. Leur sort est désormais lié. Dès cet instant, Clarisse n'est plus la libraire bourgeoise et mélancolique respectée de tous. Car un étrange sentiment de liberté s'empare d'elle...
«Dans ce roman tendu et tenu, l'auteur passe au scalpel les âmes et les désirs secrets de chacun. Une réussite !»
Côté Femme
Tous les grands succès de Jean-Guy Soumy sont chez Pocket
Les courts extraits de livres : 14/03/2007
La liste des maladies du cheval étant, au grand bonheur des cavalières amoureuses d'un vétérinaire, presque infinie, Clarisse avait souvent revu le jeune homme. Elle avait agi avec une détermination qui l'avait surprise. Comme si s'assurer de ce garçon, après tant d'aventures avortées ou bancales, relevait d'une nécessité vitale. Quand elle y songe à présent, il lui paraît évident que son désir de conquête conjurait une peur. Il y eut de l'affolement dans sa manière de se jeter à la tête de Pierre-Marie Verdier. En quelques semaines, il avait cédé avec la douce lâcheté des hommes qui accomplissent quotidiennement des tâches difficiles. Leur liaison avait duré six mois.
Dès leur premier baiser, Clarisse avait su qu'elle n'aimait pas le docteur Pierre-Marie Verdier. En lui parlant d'amour, il semblait s'adresser à une autre. À toutes les autres. Il désirait une femme qui n'était pas exactement elle, accomplissant des gestes tendres qui ne lui étaient pas intimement destinés. Un temps, elle surmonta ses réserves, désirant à tout prix sauver les apparences. En société, ils jouèrent aux jeunes gens épris, par sens des convenances, et se séparèrent sans éclat.
Le bruit court que Clarisse Beaulieu est incapable de retenir un homme et de le garder sous sa couette. Qu'elle laisse filer ses amants et qu'ils s'empressent de rejoindre d'autres bras plus chaleureux. Clarisse connaît ces rumeurs. Elle est une femme blessée, sans joie, aux mains vides de caresses, aux lèvres glacées. La trivialité de ces questions la dérange, elle qui connaît la douleur de vivre sans de vraies étreintes. Parfois, il lui semble n'être qu'une robe qui flotte sur un cintre balancé par le vent.