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Auteur : Ariane Dollfus
Date de saisie : 19/01/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Flammarion, Paris, France
Prix : 24.00 € / 157.43 F
ISBN : 978-2-08-068651-0
GENCOD : 9782080686510
Sorti le : 19/01/2007
Alban Guyon - 12/04/2007
Sylvain Elie - 02/04/2007
Mélanie Couillaud - 21/03/2007
Le 16 juin 1961, l'Occident découvrait une nouvelle étoile étincelante Rudolf Noureev, jeune danseur soviétique, venait de faire défection avec fracas, à l'aéroport du Bourget.
Star du jour au lendemain, Noureev allait le rester jusqu'à sa mort en 1993, devenant le plus célèbre danseur de tous les temps. Pourquoi Rudolf Hametovitch Noureev voulait-il fuir son pays ? Comment ce jeune Tatare d'origine musulmane, issu d'une famille démunie, et arrivé d'une Sibérie coupée du monde a-t-il pu se métamorphoser en danseur planétaire, richissime et adulé, icône des médias, enfant chéri d'une jet-set mondiale et d'un public sous le charme ? C'est ce fabuleux destin que raconte Ariane Dollfus dans ce " portrait sensible " qui n'a rien d'une biographie purement chronologique.
Grâce à de très nombreux témoignages, documents et une multitude d'anecdotes, cet ouvrage montre l'homme extravagant et excessif qu'il fut, ainsi qu'un Noureev plus intime, entouré mais seul, théâtral et mélancolique, grand séducteur souvent éconduit, personnage arrogant mais courageux, admirable et insupportable, éternel exilé dont la seule patrie était la scène mais qui ne rêvait que de revoir sa mère.
L'auteur dévoile comment Noureev l'insoumis, habité par la danse, osa braver son père, défier le pouvoir soviétique et le KGB, s'imposer dans un milieu artistique qui ne l'attendait pas. Elle explique comment le danseur a su révolutionner un art désuet en rendant soudain Giselle, Le Lac des cygnes ou La Belle au bois dormant formidablement modernes. Elle revient sur ses rôles mythiques, sur le couple de légende qu'il formait avec Margot Fonteyn, sur son passage riche et tumultueux à la tête du Ballet de l'Opéra de Paris.
Voici une biographie de référence qui atteste à quel point Noureev colla à son époque. Entre stalinisme, guerre froide, libération sexuelle et années sida, c'est un demi-siècle d'histoire que l'on revisite.
Ariane Dollfus, née en 1966, est diplômée de l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Elle a été critique de danse et de théâtre à France-Soir de 1988 à 2006. Elle collabore à plusieurs revues de danse et fut chroniqueuse au " Fou du roi " sur France-Inter.
Fondé sur une centaine de témoignages, la consultation de très riches archives et l'analyse de la presse internationale, Noureev l'Insoumis est une somme récapitulative, plus de cinq cent pages, organisée autour d'une vingtaine de chapitres développés chronologiquement : la désertion de l'Union soviétique le 16 juin 1961, le partenaire de Margot Fonteyn, la "rudimania", l'amour entre Noureev et le danseur danois Erik Bruhn, etc. Le lecteur, pris par la main, guidé, trouvera tout ce qu'il cherche : dates, lieux, bibliographie, filmographie, chorégraphies, rôles, notes éclairantes, sources... Du très sérieux...
Mais, contre toute attente, quand on referme ce pavé, on a le sentiment d'avoir plongé dans un roman d'amour. Ariane Dollfus a aimé Noureev. C'est bien là l'essentiel, non ?
Une histoire romanesque à souhait. Celle d'un jeune Tatar, musulman, pauvre, né dans un train en pleine Sibérie, qui devient l'un des plus grands danseurs du XXe siècle : Rudolf Noureev...
Pourtant, le livre d'Ariane Dollfus ne se contente pas d'exploiter ces puissants ressorts dramatiques. Mieux qu'une simple biographie, elle a entrepris un impressionnant travail de fond...
D'une androgynie assumée, il a rendu à la danse masculine le pouvoir qu'elle avait perdu au XIXe siècle. Et, bien sûr, popularisé le ballet classique.
Mais, dissident, Noureev se défendit toujours de l'être. Il voulait juste danser en toute liberté. C'est ce malentendu que dissipe Ariane Dollfus dans une biographie aux airs de polar, fondée sur des faits recueillis dans les archives du ministère français de l'Intérieur et à travers maintes confessions resurgies après l'effondrement du bloc communiste...
Enquêtrice irréprochable, Ariane Dollfus, longtemps critique de danse à France Soir, considère le héros de son enfance avec fermeté et tendresse...
Et l'étoile sans domicile fixe luit doucement dans les pages de ce portrait. Insoumis, certes, mais libre.
Dissi-danse
«Vouloir, c'est pouvoir.» Rudolf Noureev
«Jeune homme ! Soit vous deviendrez un très grand danseur... Soit vous serez un raté... Et il y a de plus grandes chances que vous deveniez un danseur raté...»
Lorsque tombe le verdict de Vera Kostravitskaïa, à l'issue du concours d'entrée à l'École Vaganova, Rudolf Noureev comprend immédiatement que rien n'est joué. Certes, la redoutée pédagogue de Leningrad l'a tout de même admis à l'École, mais tout est à faire. Le nouvel élève a déjà dix-sept ans et, malgré son petit bagage technique, il lui faut convaincre à tout prix qu'il peut encore devenir le meilleur danseur du monde. Rudolf, plus que jamais, est dans l'urgence. Et dans la rage de réussir. Rudolf sait qu'il ne sait rien. Mais il sait qu'il est unique. Il mérite sa place et, en vrai conquérant dominateur, va le prouver.
Ce ne sera pas facile. Lorsqu'il arrive dans la classe d'Alexandre Pouchkine, il voit très vite qu'il n'est pas à la hauteur. Les autres garçons du cours le lui font bien comprendre, le jour où ils le mènent devant le miroir du studio de travail et lui disent cyniquement : «Regarde-toi, Noureev... Tu ne seras jamais capable de danser. C'est impossible. Tu n'es pas bâti pour ça. Tu n'as rien. Pas d'école, pas de technique. Comment peux-tu avoir la prétention de travailler avec nous, en huitième division ?»
Noureev venait en effet de demander à changer de cours, quinze jours à peine après son arrivée à l'École. Chelkov, le directeur de l'École, l'avait pris dans sa classe, la sixième division. Rudolf estimait qu'il méritait d'être dans la huitième, et ne supportait plus le mépris avec lequel Chelkov le traitait. Il avait surtout fait ses calculs : s'il restait en sixième, le service militaire allait le guetter à la sortie de l'école et briserait net sa carrière. Il exigea du professeur-directeur de le mettre dans le cours de Pouchkine. Et il obtint satisfaction ! Deux semaines après son arrivée, Rudolf Noureev commençait déjà à défier une nouvelle autorité, autre que son père. Au risque de se faire expulser.
*
Pourtant, Noureev l'arrogant arrive à ses fins et entre au cours du très réputé Alexandre Pouchkine. Ce dernier n'avait pas fait une grande carrière de danseur mais il était un excellent pédagogue. Rudolf, qui comprend tout très vite, sent que Pouchkine est le professeur qu'il lui faut. Et il voit juste.
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