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New York, 2004. Mis sur la touche, Jordan Marsalis vient de quitter la police quand son frère, le maire de la ville, le charge d'enquêter officieusement sur le meurtre de son fils Gerald. Rome. La commissaire Maureen Martini, agressée, perd la vue. Soignée aux États-Unis, elle est sujette à de terrifiantes hallucinations : scènes de violence et de sang... trois meurtres dont celui de Gerald... Si Jordan est d'abord perplexe, il finit par comprendre. Trop tard : un second meurtre est commis. Ne reste plus dès lors qu'à prendre l'assassin de vitesse avant l'ultime clap d'un scénario délirant. Ce qui n'est pas évident quand, au royaume des aveugles, les déments font la loi...
Giorgio Faletti
Après avoir été avocat, créatif dans la publicité, chanteur et pilote automobile, il est devenu l'un des comédiens les plus populaires d'Italie.)e tue, son premier roman, a connu un énorme succès international. Droit dans les yeux est son deuxième roman.
Faletti élimine la concurrence avec la même efficacité que son héros psychopathe [...]
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Les courts extraits de livres : 16/03/2007
Le regard du peintre ne voyait plus qu'une superposition de taches d'intensités différentes, reflétées par le miroir fixé au plafond. Les mouvements verticaux de la tête s'évanouissaient dans la perspective. Jerry les sentait sans parvenir à les voir. L'acte créatif l'exaltait - avec l'aide d'une quantité de drogues non négligeable. Il écarta les bras et pressa ses paumes ouvertes sur le tissu blanc, excité par les deux nouvelles traces de couleur sur la toile. Les jeux de miroir étaient un truc vieux comme le monde, déjà utilisé à une époque où l'on baptisait complaisamment «art» le travail pathétique du pinceau qui s'essouffle sur la toile. Velázquez, Norman Rockwell et tant d'autres : protagonistes d'un passé qui sentait le moisi et la décomposition.
Pourquoi s'échiner à peindre un corps sur une toile quand le corps peut se peindre lui-même ? Et même, pourquoi gâcher un support quand la chair elle-même peut servir de toile ?
Il vit dans le miroir, et sentit sur sa peau, les mains de la femme sans nom remonter le long de ses hanches, sillons bleus sur un corps rouge.
Quelques mots susurrés lui parvinrent à travers le miroir.
- Oh, Jerry, je suis tellement...
- Chut...
Il la fit taire d'un doigt posé sur ses lèvres et se redressa pour la regarder. Son doigt lui avait laissé un trait rouge sur la bouche. Rouge sur rouge à lèvres. Sang et vanité. L'écroulement et la destruction de tous les mythes modernes, jusqu'au dernier.
Sa voix flotta tel un murmure dans la lumière diffuse du loft, que modulait une série d'écrans de télévision muets reliés les uns aux autres, semblables à un totem imposant. Programmés par ordinateur, ils diffusaient en séquence des mélanges de couleurs aléatoires et sans apparente continuité.