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.. René Lalique : correspondance d'un bijoutier Art nouveau, 1890-1908

Couverture du livre René Lalique : correspondance d'un bijoutier Art nouveau, 1890-1908

Auteur : René Lalique

Préface : Philippe Thiébaut

Date de saisie : 08/03/2007

Genre : Arts

Editeur : la Bibliothèque des arts, Lausanne, Suisse

Collection : Pergamine

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 2-88453-125-4

GENCOD : 9782884531252

Sorti le : 08/03/2007

Agathe L'huillier - 15/03/2007


  • Les présentations des éditeurs : 16/03/2007

RENE LALIQUE

CORRESPONDANCE D'UN BIJOUTIER ART NOUVEAU
1890-1908

Présentation et annotation :
PHILIPPE THIÉBAUT
Conservateur en chef au Musée d'Orsay

Lalique compte assurément parmi les artistes décorateurs les plus célèbres de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Cette correspondance concerne essentiellement l'activité du bijoutier et la période correspondant à l'éclosion et à l'épanouissement de l'Art nouveau. L'ensemble, constitué des lettres échangées par Lalique et son épouse Alice Ledru - qui se donne la mort en 1909 -ainsi que des lettres que lui avaient adressées ses amis et clients - parmi lesquels on pourra citer les peintres Georges Clairin et Edouard Détaille, le richissime collectionneur portugais Calouste Goulbenkian, l'arbitre des élégances parisiennes le comte Robert de Montesquiou et, naturellement, Sarah Bernhardt pour qui Lalique travailla - est inédit.
Ce recueil est donc une contribution originale à la connaissance de l'Art nouveau.


  • Les courts extraits de livres : 16/03/2007

ALICE LEDRU À RENÉ LALIQUE, PARIS, 4 AVRIL 1890

Ce Vendredi 4 avril

Je vous remercie d'être venu aujourd'hui. J'étais bien heureuse de vous voir, d'autant plus heureuse que je l'espérais à peine. Merci de votre lettre. Croyez-vous qu'aucune autre chose quelle qu'elle soit puisse me faire plus de plaisir que ces quelques fleurs si jolies et qui semblent m'apporter de votre part tant de bonnes pensées, tant de souvenirs et qui me sont si chères. Merci, mon ami, mais pourquoi doutez-vous toujours de mes intentions ou de mes pensées pour vous quand elles sont aimables ? Pourquoi donc aurais-je eu l'imprudence d'aller chez vous si je n'avais pas eu le si grand désir de vous voir ? Et si je vous ai semblé triste ou souffrante, c'était peut-être une inquiétude seulement. Vous savez bien que je n'ai rien à vous demander, et si je suis inquiète quelquefois, c'est bien malgré moi pour l'incertitude de cet avenir et pour ce bonheur qui me semble encore si loin. Pardonnez-moi si j'ai de telles pensées, est-ce de ma faute ? Je ne doute pas que vous m'aimiez, mais je n'avais jamais osé m'attarder dans ces rêves et tout cela me semble si bon et si irréalisable que je crains toujours un brusque réveil qui vienne m'ôter l'espoir même de cette heureuse vie passée toujours près de vous.
Ne vous occupez pas de ces inquiétudes, n'avez-vous pas assez de choses sérieuses, assez de tristesses et je veux être gaie toujours pour ne pas vous faire de peine quand vous viendrez me voir. Je voudrais consacrer tous mes instants à vous rendre heureux, à vous faire tout oublier pour ne voir que le bonheur présent et que puis-je ? Je suis agacée aussi de voir mon Père si peu aimable avec vous. Si un jour il semblait vous dire de ne plus venir, prévenez-moi. Je lui dirais, moi, que je veux vous voir. Je ne voudrais jamais rien vous refuser et vous me demandez toujours des choses impossibles. N'ai-je pas été chez vous chaque fois que je vous l'avais promis et pensez-vous que je n'ai pas tout fait pour y aller plus souvent ? Cette pensée était bien gentille de votre part, mais vous savez bien l'impossibilité de la réaliser. Voulez-vous donc me laisser supposer que vous ne voulez pas satisfaire mon caprice, vous m'avez pourtant promis d'y habiter tout à fait le jour de Pâques. Vous me l'avez promis, je me souviens très bien, moi, et vous savez parfaitement qu'il m'est impossible d'y aller maintenant. (...)


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