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Pour mettre à l'épreuve leur amitié malmenée par une rivalité amoureuse, deux jeunes photographes, Matthias et Vivien, amis depuis le lycée, décident de partir en reportage à l'autre bout du monde. Ils devront suivre les troupes d'une force internationale dans les forêts et montagnes de Birmanie afin de «couvrir» la destruction de champs de pavots dans le célèbre Triangle d'or. C'est là, dans ce no man's Land entre trois frontières, qu'ils tomberont aux mains de rebelles et de trafiquants et connaîtront l'enfer d'un camp de prisonniers dans la jungle. Et ce n'est plus simplement leur camaraderie qui est en jeu, mais leur vie même.
Avec Aux gémonies, Éric Jourdan nous livre une oeuvre forte, visionnaire et bouleversante, dans la lignée de ses plus grands romans, Charité, Révolte et Sang, où l'amour et l'amitié se mêlent et où la sensualité affleure à chaque page.
Éric Jourdan est l'auteur du livre culte Les mauvais anges, écrit à seize ans, longtemps interdit en France et récemment réédité par La Musardine. Parmi ses ouvrages plus récents on citera Saccage et L'amour brut (chez le même éditeur) et, chez H&O, Le Songe d'Alcibiade et Pour jamais (H&O poche).
Les courts extraits de livres : 18/03/2007
La tête de l'Asiatique eut l'air de se réduire. Sans doute avait-il du sang de Japonais, ces peuples se ressemblent tous, pensa Matthias, et à aucun on ne peut faire confiance. Ne jamais leur tourner le dos, ne pas bouger, les ignorer pour avoir la paix. La main de Vivien se serrait sur la bretelle du PM, il était clair qu'il ne le rendrait pas. Au loin il y eut un appel d'oiseau, étrange dans le silence qui les encerclait. L'officier les regarda sans son sourire mécanique. Le contraire du chat du Cheshire, se dit Matthias, chez ce jaune c'est le faux sourire qui disparaît le premier, et comme il y eut un second appel, il vit l'officier de dos tout à coup s'éloignant dans la trouée du chemin, comme si les deux hommes n'avaient plus existé derrière lui et qu'il les abandonnait au désert vert sombre des arbres.
- Merci, dit Vivien.
- C'est pas l'heure des sentiments. Viens et ne me tire plus dessus, si tu veux rester vivant, mais d'abord...
Matthias enleva le chargeur et le fit sauter dans sa main.
- Prudence ! fit-il.
- Je te hais, dit Vivien.
- Je m'en doute. On verra ça plus tard. Maintenant on suit, et vite. Sinon ils nous larguent et tu vois ce que ça veut dire...
La marche reprit dans l'air moite.