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Le «droit à la santé» est une revendication illusoire. Abandonner ce slogan est une manière de mieux affirmer nos «devoirs» et notre responsabilité individuelle et collective en matière sanitaire. Devoirs du corps médical, des malades, des organismes de tutelle et des politiques. «La médecine que j'exerce au quotidien en ce début de XXIe siècle ne correspond plus à celle pratiquée dans les années cinquante. Le progrès scientifique l'a rendue fiable. À l'inverse, l'organisation des soins reste aussi traditionnelle, voire archaïque.» Partant de ce constat, Guy Vallancien pointe avec précision, par de nombreux exemples, l'incroyable désorganisation de notre système de santé. Sans dissimuler les responsabilités de tous les acteurs de ce système, il montre que des solutions sont là, simples et urgentes. La Santé n'est pas un droit est un livre engagé qui propose de vraies pistes de réformes avec pragmatisme et humanisme. «La Sécurité sociale mérite mieux que de colmater ses brèches au jour le jour, nous dit Guy Vallancien. Innovons en citoyens responsables et solidaires.»
Guy Vallancien est professeur d'urologie à l'université René Descartes Paris 5, président de l'Ecole européenne de chirurgie et président du Cercle Santé Société. Il a été chargé de mission auprès du ministre de la Santé pour le Plan Hôpital 2007. Guy Vallancien est notamment le co-auteur de La Révolution médicale, Seuil 2003.
Les courts extraits de livres : 18/03/2007
QUEL GACHIS !
Nous vivons sur un système de protection sociale bâti, à l'origine, pour les seuls travailleurs salariés. Mais la société a considérablement évolué tant par la diversification des emplois, la répartition des catégories socioprofessionnelles, les progrès de l'informatisation, la mondialisation de l'économie et les progrès thérapeutiques avec leurs conséquences sur le chômage comme sur l'allongement de la durée de vie.
Dans l'ensemble, les Français ne perçoivent pas l'impact croissant de la globalisation du marché de la santé. Outre la conscience de la montée en puissance de certains établissements de soins étrangers tout comme l'accélération des délocalisations possibles et rapides de médecins et d'auxiliaires ? A Kuala Lumpur comme à New Delhi ou Tunis, de remarquables chirurgiens vous opèrent dans des hôpitaux superbes. Les Français raillent ce «tourisme médical» qui, un jour, nous réservera des surprises. Qui empêchera un établissement de soins public ou privé de délocaliser demain la prise de rendez-vous à Marrakech ou à Alger ? Qui empêchera que des images de scanner ne soient lues par des médecins étrangers à diplômes français ou européens exerçant dans leur pays d'origine ?
Fiers de la soi-disant égalité d'accès aux soins grâce à notre Sécurité sociale, nous ne voyons pas que la médecine française est à dix vitesses. Nous sommes aveuglés par le dogme républicain intouchable. Or, selon la porte du cabinet médical, du dispensaire, de la clinique ou de l'hôpital à laquelle vous frappez, vous serez plus ou moins bien pris en charge. Votre niveau d'information, vos relations, vos moyens financiers déterminent totalement le chemin que vous aurez à parcourir comme malade. Mais il ne faut pas ébruiter cela, au risque de remettre en cause notre foi indéfectible en la sainte salvatrice et protectrice «mater securitas».