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Auteur : Fernando Marias
Traducteur : Raoul Gomez
Date de saisie : 15/03/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Cénomane, Le Mans, France
Collection : Littérature
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 978-2-916329-05-5
GENCOD : 9782916329055
Sorti le : 15/03/2007
Quand il reçoit une lettre lui annonçant qu'il va se suicider après l'avoir lue, Delmar, policier espagnol n'en croit pas ses yeux et se remémore au fil de la lecture tous les évènements de sa vie qui ont entraîné sa déchéance.
La vengeance est un plat qui se mange froid, Fernando Marias nous le démontre au fil des pages de ce polar machiavélique qui fera date !
Ne passez pas à côté de ce roman à couper le souffle !
«LA PIRE DES ANGOISSES, LE PIRE... CONCEPT RELATIF.»
Je me suis suicidé il y a seize ans. C'est un laps de temps plus que suffisant pour que vous m'ayez oublié, Delmar, ou tout au moins pour que se soit estompée la précision de vos souvenirs. Avant toute chose j'aimerais me présenter convenablement, c'est pourquoi je vais vous demander de faire un effort, d'obliger votre esprit à surmonter l'ivresse - parce que vous êtes ivre, n'est ce pas ?, ivre comme toujours- et de revenir vingt ans en arrière, jusqu'aux derniers jours de 1970, alors que vous étiez un jeune et brillant commissaire de police, le plus décoré de la ville et aussi le plus content de lui-même et de son inébranlable brutalité, le plus fier de ses succès, et même le préféré de la presse du coeur, qvii plus d'une fois vous a élu comme l'idéal de séduction masculine, quoiqu'en ce qui me concerne, votre propension à imiter les détectives du grand écran m'ait toujours semblé ridicule. À cette époque on vous a affecté, pour notre plus grand malheur, le vôtre et le mien, sur le secteur où j'exerçais mes activités...
Ni en 1958, à Bilbao, Fernando Marias a étudié le cinéma à l'Université des Sciences de l'Information de Madrid et d'abord écrit des scénarios pour la télévision. Il a obtenu en 2001 le prestigieux prix Nadal pour son roman El niño de los coroneles. Publié en 1996 en Espagne, Je vais mourir cette nuit est le premier livre de l'auteur traduit en français.
Fernando Marias, Prix Nadal en 2001, est pour la première fois traduit en français. Il est tout aussi virtuose que son narrateur. Il explore avec maestria les frontières indicibles qui définissent - ou non - ce qu'est l'art, la littérature, l'humanité. Je vais mourir cette nuit est un roman dangereux : il se lit comme sous hypnose.
Les secondes s'écoulaient impitoyablement à la grande horloge du poste de police où l'équipe sous vos ordres luttait contre le temps. Aucun des agents ne parvenait à comprendre quelle force vous plongeait à chaque échec dans le désespoir le plus profond pour, subitement, en raison d'une nouvelle piste possible, vous emporter de nouveau dans le tourbillon de vos souvenirs personnels et de vos fichiers. Vous seul -à part moi, bien sûr- connaissiez l'origine d'une telle obsession. Vous l'imaginiez... Griffant et mordant le bois, assourdie par ses propres cris, devenant folle à l'intérieur d'un fragment de ténèbres hermétique à peine plus grand qu'elle. Ne plus voir la lumière, mourir dans cette solitude, mourir ainsi. Abandonnée pour mourir ainsi... Puis cédant à l'épuisement, recroquevillée dans les limites de la caisse, secouée par ces sanglots d'enfant qui déchirent les coeurs paternels, jusqu'à ce qu'elle récupère des forces pour griffer et mordre encore, mais cette fois ses poignets et son cou, et face à l'échec de cette fuite, de nouveau le cri. C'était ce cri qui, encore et encore, vous donnait les forces d'essayer de nouvelles pistes qui, comme les précédentes, finiraient par ne mener nulle part... J'ai envisagé, entre autres, cette possibilité, celle de vous abandonner à votre sort dans ce naufrage d'incertitude, mais j'ai finalement fait un autre choix. C'est pour cette raison, et pour cette raison seulement, que le supplice de ne pas savoir a duré un nombre de semaine précis. Approximativement, le temps que met un corps à mourir d'inanition plus le temps de se décomposer. Quand on vous a prévenu que le corps avait été découvert par hasard, vous n'avez probablement pas remarqué la similitude -dernier maillon alors, d'une chaîne de similitudes- entre ce dénouement et celui que vous aviez manigancé ensemble pour être riches et heureux... Si vous aviez pensé à ce plan, il vous aurait semblé bien lointain au moment de l'exhumation du corps, face au bâtiment à demi en ruines encerclé de voitures de police et d'ambulances inutiles... On devinait les visages graves, professionnels ou consternés - médecins légistes, juges, agents, le mari - derrière les masques à oxygène imposés par la puanteur. Le vôtre vous servirait de chapelle improvisée face au spectacle de chair décomposée et de rictus désespéré.
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