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Hommes, femmes, avons-nous le même cerveau ? La différence des sexes s'expliquerait-elle, dès la naissance, par une différence de structure entre le cerveau des garçons et des filles ? Nos identités d'hommes et de femmes seraient alors irrémédiablement déterminées ? Et si nous quittions Mars et Vénus pour nous intéresser aux recherches les plus récentes sur le sujet et aux formidables capacités d'un organe vraiment pas comme les autres : notre cerveau ?
Les Petites Pommes du Savoir
Des réponses brèves, claires et sérieuses aux questions que vous vous posez sur le monde.
Le cerveau a-t-il un sexe ? Nos identités d'hommes et de femmes seraient-elles figées dès la naissance ? Entre idées reçues et fausses évidences, les partisans du déterminisme biologique n'ont que l'embarras du choix. C'est pourtant oublier que le cerveau n'est pas un organe comme les autres - il est le siège de la pensée - et faire l'impasse sur les connaissances les plus récentes sur son fonctionnement. Or, les recherches en cours tendent à montrer que nos aptitudes et nos personnalités sont loin d'être figées dans le cerveau. Grâce à ses formidables propriétés de «plasticité», celui-ci fabrique sans cesse des nouveaux circuits de neurones en fonction de l'apprentissage et de l'expérience vécue. Garçons et filles, éduqués différemment, peuvent montrer des divergences de fonctionnement cérébral, mais cela ne signifie pas que ces différences sont présentes dans le cerveau depuis la naissance !
Neurobiologiste, Catherine Vidal est directrice de recherche à l'Institut Pasteur.
Les courts extraits de livres : 20/03/2007
Plusieurs études en IRM ont comparé l'activité du cerveau pendant des tâches de repérage dans l'espace chez des hommes et des femmes. Le principe du test est de demander aux sujets de trouver leur chemin dans un labyrinthe virtuel, comme dans les jeux vidéo. Dans une expérience réalisée par une équipe allemande chez douze personnes des deux sexes, les femmes étaient moins performantes que les hommes et montraient des activations cérébrales différentes. Des auteurs canadiens ont repris cette expérience chez vingt-cinq sujets en utilisant un labyrinthe d'une autre forme géométrique. Ils n'ont pas trouvé de différences entre les hommes et les femmes. Ces résultats incitent à la prudence dans l'interprétation de telles expériences qui doivent être vérifiées par différentes équipes de chercheurs et utiliser un nombre suffisant de sujets.