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Thomas Lélu est né en 1976 et vit à Paris. Il a déjà publié trois livres dont le Manuel de la photo ratée, paru chez Al Dante/Editions Léo Scheer en 2002. Je m'appelle Jeanne Mass est son premier roman.
Un soir que Jeanne Mass, videur au Coconut Café, profite de son service pour quêter une aventure d'un soir tout en méditant sur son potentiel de séduction, son patron est assassiné. Persuadé que les coupables ne sont autres que deux ours roses, il est fort surpris lorsque la police se lance à sa poursuite. Débute alors une hilarante course-poursuite.
Dans ce cartoon littéraire, Thomas Lélu opère un malicieux mélange des genres. En associant à une intrigue policière une atmosphère fantaisiste et absurde, l'auteur nous offre un roman au ton irrésistiblement drôle.
«Ma lecture la plus drôle de l'année. [...] Il débarque comme un pied de nez au snobisme de la littérature française. C'est d'une insolence de salubrité publique.» Frédéric Beigbeider - Elle
Les courts extraits de livres : 23/03/2007
Comme elle passe pas loin, je lui fais coucou et elle arrive aussitôt et on lui passe la commande. Elle repart et je regarde ses fesses et ses seins. Je me dis que je devrais l'épouser un jour, que c'est carrément mon style de femme mais dans ma tête en fait je me dis que j'ai d'autres projets et qu'il faut que je pense à mon avenir professionnel. Je vais avoir trente ans en mai et je ne sais même pas parler italien. Puis je me dis qu'il faut que je revois La Dolce Vita. Ça me prend comme ça. J'ai très envie de revoir La Dolce Vita en 3D alors je demande une cigarette à Derrick.
- Donne-moi une clope, Derrick.
- Tu fumes ? dit-il en me tendant son paquet.
- Mince !
- Quoi encore ?
- Ce ne sont pas des Marlboro light !
- Tu fais hiech.
- J'aime pas les Lucky light, j'aime pas le goût. Nos plats finissent par arriver et on se rue dessus comme si on avait jamais mangé de notre vie et on arrose tout ça avec une bouteille de Bourgueil puis une deuxième puis une bouteille de vodka et quelques tequilas frappées et on commence à être un peu ivres et Derrick en vient à parler du patron du Coconut Café pour je ne sais quelle raison. Notre défunt Roger.
- Tu sais, ma couille, je suis sûr qu'il y a un truc louche derrière ce murder.
- Pourquoi tu dis ça, face d'huître ?
- Je ne sais pas. Tu trouves pas qu'il avait une tête de crapule ?
- Comme tous les patrons en somme.
- Moi, j'ai toujours eu envie de fouiller dans son bureau. Il était toujours enfermé là-dedans. En deux ans j'ai dû le voir... quoi ? une petite dizaine de fois, pas plus. C'est strange quand même ? Je suis sûr qu'il doit y avoir un passage secret ou des jeux de société qu'on connaît pas.