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Auteur : John Cowper Powys
Préface : Catherine Lieutenant
Traducteur : Christiane Armandet
Date de saisie : 20/03/2007
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Atelier de l'agneau, Saint-Quentin-de-Caplong, France
Collection : Transfert
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-930188-98-0
GENCOD : 9782930188980
Sorti le : 20/03/2007
Cher Libraire,
Nous sommes un petit éditeur et publions l'inédit d'un grand auteur, oui c'est possible.
John Cowper Powys, anglais de grande renommée dont le nom est au dictionnaire, n'a été traduit en français qu'après sa mort en 1967. Vous aller dire : voici un auteur qu'on oublie.
Pas du tout. Et ce petit texte de 50 pages a une actualité, c'est l'histoire peu banale d'un vieux couple qu'un Home veut sortir de chez lui. Dans ce huis clos où ils décident de s'enfermer, les objets, qui pour Powys, ont presque une âme, ont une vie amoureuse et des fantômes interviennent dans le brouhaha des conversations.
On peut apprécier le support réel et la fantasmagorie qui volette au-dessus, à la fois le drame et la volubilité des choses.
Pour le réaliser, nous avons joué les grands éditeurs, achats de droits, paiement du traducteur et de l'illustrateur. Les frais sont au-dessus de nos moyens et nous pensons ne pas pouvoir équilibrer le budget de ce livre. Vite lu, il pourra vous convaincre de le porter vers ses nouveaux lecteurs et les powysiens plus nombreux qu'on ne croit.
L'éditeur de l'ouvrage
John Cowper Powys (1872-1963) le plus connu des frères Powys, a commencé à écrire tardivement une oeuvre prolifique dont plus de vingt titres ont été traduits en français depuis son Autobiographie, Gallimard, 1965.
1933 : C'est la première fois que ce grand matérialiste se risque à animer des inanimés, particularité qu'il devait développer de plus en plus dans ses oeuvres ultérieures. Il y évoque les angoisses d'un vieux couple isolé dans un appartement, parfait lieu clos du «Dernier Étage Devant, Numéro Quatre».
Powys fait dialoguer autour des deux occupants humains, une série d'objets, reliques banales et modestes de vies obscures. La fantasmagorie commence à ce stade : des fantômes et des personnages de livres s'en mêlent.
C.L.
extrait de la préface
Cette nouvelle, restée inédite en français est traduite de l'anglais par Christiane Armandet.
Et cette fois Miss Rowe vint.
Et cette fois elle était sombre et pourtant brillante, semblable à un géranium rouge et blanc derrière une vitre fêlée. Elle était si mince que bien que le Hibou et le Canard l'aient vue, tout comme le Poisson, les larmes dans les yeux d'Olwen brouillaient trop la vision de la charmante demoiselle pour qu'elle puisse distinguer quoi que ce soit hormis cet ennuyeux bec jaune à ses côtés et cette grande gueule béante et haletante sous le miroir. Olwen ne réussit à voir en fait que les bourgeons dansant des allantes reflétés dans la Glace ; et elle s'imagina que c'était ce spectacle qui la réconfortait. Mais, en vérité, c'était l'arrivée de Miss Rowe.
Et, maintenant qu'elle était là, Miss Rowe se contentait de rester dans l'embrasure de la porte du Dernier étage sur Rue et au lieu de parler à quelqu'un en particulier elle se mit à raconter à tous les Habitants du Monde Connu, une longue histoire fantaisiste.
En entendant la voix de Miss Rowe, Lord Tourmentil trouva le courage de traverser toute la pièce pour rejoindre Lady Potentille à la fenêtre. Olwen le remarqua à travers ses larmes et cela lui parut être un événement dramatique et fort beau.
Lady Potentille à sa fenêtre devint pour elle la Dame Blanche d'Avenel dans «Le Monastère». Olwen n'écoutait pas toujours quand le vieil homme faisait la lecture à sa compagne, mais la Dame Blanche d'Avenel lui avait semblé être un personnage parfait pour un livre ; et, en prêtant à présent l'oreille au conte décousu de Miss Rowe, elle recommença à pleurer car elle se voyait elle-même sous les traits de la triste fugitive Catholique du «Monastère», cernée par de grossiers admirateurs des Classes Inférieures, et comprise de la seule la Dame Blanche.
L'histoire de Miss Rowe était une histoire de chats. Elle parlait aussi d'envoûtements, de colombes, de tentes, de bergeries en ruine et de roulottes de bohémiens.
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