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.. Une mélodie toute simple de la Havane

Couverture du livre Une mélodie toute simple de la Havane

Auteur : Oscar Hijuelos

Date de saisie : 22/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : Hoëbeke, Paris, France

Collection : Etonnants voyageurs

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-84230-278-8

GENCOD : 9782842302788

Sorti le : 22/03/2007

Sylvain Elie - 02/04/2007


  • Les présentations des éditeurs : 09/06/2009

Collection Étonnants voyageurs dirigée par Michel Le Bris

En 1947, Israël Levis, un compositeur cubain dont la vie avait commencé comme un rêve musical d'amour et de mélancolie, revient à Cuba après avoir été arrêté en France par les nazis, puis déporté à Buchenwald.
Quand il débarque à La Havane, il a en tête et dans le coeur sa romance inachevée avec la ravageuse Rita Valladares, cette chanteuse pour laquelle il écrivit en 1928 sa plus fameuse mélodie, Rosas Puras, qui changea le goût musical des Européens comme des Américains, lorsque partout on se mit à danser la rumba.
Mais peut-on encore danser la rumba, après Buchenwald - quand cette musique disait l'âme d'un monde qui n'est plus, un monde d'amour, de danse, de nostalgie ?
Par ses cadences mélodiques, ses rythmes entêtants, son écriture extraordinairement musicale, Havane mélodie se lit comme en permanence sous-tendu par une bande-son. Une évocation d'un temps, dans ces années 1930, où les rythmes africains, les mélodies européennes et le folklore indigène se mêlaient à Cuba pour créer une musique à nulle autre pareille, sensuelle et fragile comme un rêve de paradis.
Ce roman, inspiré librement de la vie de Moisés Simons - compositeur de The Peanut Vendor, qui fit découvrir au monde entier la musique latino -, a été salué comme un événement majeur aux États-Unis.

Oscar Hijuelos est un des très grands romanciers de la littérature américaine d'aujourd'hui. Né à New York de parents cubains en 1951, il est l'auteur de cinq romans, dont The Mambos Kings Play Songs of Love, qui lui valut le prix Pulitzer en 1989.


  • Les courts extraits de livres : 24/03/2007

La Havane, mai 1947

Quand le paquebot entra dans le port, Levis éprouva une si grande joie de revoir La Havane - el Castillo de la Punta sur une colline élevée, l'élégante promenade du Malecón, le boulevard du Prado qui s'allongeait jusqu'au centre de la ville, en direction du palais présidentiel, les nombreux jardins publics et les hauts palmiers royaux - qu'il faillit se mettre à pleurer. Bien qu'il brûlât d'impatience de regagner sa demeure, dans le quartier de Vedado, il laissa d'abord débarquer les autres passagers, gardant à ses côtés un portero noir avec sa malle et Antonio avec sa propre valise et sa clarinette. Descendant lentement la passerelle, sa canne à la main, il put constater que la quiétude de ses pensées, cette fête du souvenir et de l'attente qui s'était alors emparée de lui, volait vite en éclats. Réuni sur la jetée pour accueillir Israël Levis se trouvait un groupe de journalistes, de représentants du conservatoire municipal, ainsi qu'un oficial de la chambre de commerce. Il aurait préféré qu'on le laissât tranquille, mais il accepta à contrecoeur de poser sur le quai pour un photographe d'El Diario de la Marina (Levis, se tenant bien droit dans son costume trois-pièces blanc, les mains jointes sur sa canne, l'air royal, majestueux, comme un père fondateur de la république), et le cliché parut dans l'édition du lendemain matin, accompagné de la légende : «Un enfant chéri de Cuba nous revient.» Des articles paraîtraient dans d'autres journaux de La Havane, célébrant le retour de «ce grand compositeur dont la célèbre chanson Rosas Puras a tant fait pour révéler au monde entier la musique cubaine».
Malgré son fragile état de santé, il accorda deux brèves interviews, non sans une certaine impatience («Bien sûr que je suis heureux d'être de retour à Cuba ! déclara-t-il, visiblement agacé. Ça vous étonne ?»), interrompant net la seconde, lorsqu'il aperçut, de son regard fort myope, le fils de feu son frère aîné Fernando, le jeune Victor, alors âgé de quelque vingt-deux ans, et derrière lui Gloria, la jolie veuve de son frère. Elle le rejoignit en courant et lui passa les bras autour de la taille, avant de s'écrier : «Nous avons tant et tant prié pour ton retour ! Que saint Lazare en soit remercié !»


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