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.. Salaam London

Couverture du livre Salaam London

Auteur : Tarquin Hall

Traducteur : Jacques Chabert

Date de saisie : 22/03/2007

Genre : Récits de Voyages

Editeur : Hoëbeke, Paris, France

Collection : Etonnants voyageurs

Prix : 23.50 € / 154.15 F

ISBN : 978-2-84230-277-1

GENCOD : 9782842302771

Sorti le : 22/03/2007

Sylvain Elie - 02/04/2007


  • Les présentations des éditeurs : 24/03/2007

Collection Étonnants voyageurs dirigée par Michel Le Bris

Tarquin Hall, après dix ans de journalisme en Afrique, en Asie, en Amérique, en Inde et au Moyen-Orient, rentre en Angleterre. Sans grandes ressources, il perd rapidement ses illusions d'une vie tranquille dans l'ouest de Londres, les quartiers chic de son enfance. Et c'est ainsi qu'il se retrouve dans les pires bas-fonds de la ville, là même où Jack London écrivit Le Peuple de l'abîme : l'East End...
A Brick Lane, où il finit par dénicher une mansarde, rien n'a changé : crime, drogue, prostitution, immigration, misère. Ici, depuis des siècles se sont pressés les malheureux qui débarquaient sur les docks crasseux, des huguenots français aux juifs fuyant les pogroms du XIXe siècle, et maintenant les réfugiés du Bangladesh, les Afghans, Irakiens, Kurdes, Indiens, Kosovars - le monde entier, en somme.
Tarquin Hall fera face. Avec son expérience de globe-trotter et une solide dose d'humour. Ce qui nous vaut un récit savoureux, oscillant sans cesse entre tragique et comique, des scènes mémorables et une épatante galerie de portraits : Mr Ali, le genre de propriétaire qui revient avec un parapluie quand on lui fait remarquer que la salle de bains n'a plus de toit ; son voisin kosovar avec lequel il partage à Noël une oie sauvage dérobée dans un parc voisin ; Sadie Cohen, la vieille dame juive gardant le souvenir de tous les siens rescapés des pogroms; l'inénarrable Chalkie, cockney de souche et contrebandier de carpes françaises; tant d'autres encore...

Né en 1969, Tarquin Hall, journaliste anglais, est l'auteur de trois ouvrages, dont un seul à ce jour a été traduit en France, Vers le cimetière des éléphants.



  • La revue de presse Nils C. Ahl - Le Monde du 29 juin 2007

Le premier surpris, c'est lui : Tarquin Hall n'a jamais pensé écrire sur Londres. Adolescent, il ne rêvait que d'en partir. "Je détestais l'école et je ne voulais surtout pas aller à l'université. Mon seul désir était d'aller dès que possible à la découverte du monde", nous dit-il. Né en 1969, Tarquin Hall est devenu l'un de ces voyageurs par nature, écrivains par nécessité - qui font d'excellents journalistes. Son autre livre traduit en français, Vers le cimetière des éléphants (éd. de Fallois, 2002), correspond bien aux traditions anglaises de la littérature de voyage, avec ce soupçon d'humour si caractéristique, un peu plus appuyé chez lui que chez d'autres écrivains voyageurs, comme William Dalrymple par exemple...
L'auteur le confesse, il s'est forcé, il a parlé de lui-même : "Il fallait bien lier tout cela avec quelque chose. Pourquoi pas moi ?" C'est certainement ce ton un peu inhabituel, manifestement autobiographique, qui donne cette impression de roman réaliste. Personnage principal, scrupuleuse attention au détail des personnes et des lieux, effets de réel qui n'en sont pas - qui ne sont que la réalité...


  • La revue de presse André Clavel - L'Express du 24 mai 2007

Observateur cocasse, portraitiste malicieux, l'auteur de Vers le cimetière des éléphants prouve qu'on peut parfois être un exilé dans sa propre patrie. Mais cet exil-là, sous sa plume généreuse, ressemble à un cadeau du ciel. Bienvenue dans le petit monde tranquillement foldingue de Tarquin Hall !


  • Les courts extraits de livres : 24/03/2007

Comme pour aggraver mes difficultés financières, les prix de l'immobilier à Londres étaient montés en flèche et Barnes était devenu une des zones les plus recherchées. La maison jumelée de Madrid Road que mon père avait achetée pour dix mille livres en 1975 (puis revendue par la suite), valait, au cours du marché, un bon demi-million. Les studios se louaient à des tarifs vertigineux.
«Avec votre budget, vous n'aurez pas une boîte à chaus­sures à Dagenham, monsieur», me dit un agent immobilier de Barnes High Street lorsque je partis en quête d'un toit.
Je connus les mêmes déboires à Chiswick, Kew, Putney, Richmond, toutes ces zones que j'avais connues dans mon enfance et où je me considérais chez moi. Même Sheen, où mes parents avaient habité pendant les toutes premières années de mon existence (et qui était alors un quartier ouvrier où les voisins élevaient des pigeons voyageurs), était devenu totalement inabordable pour moi.
À contrecoeur, depuis une quinzaine de jours, je m'étais mis à chercher ailleurs. La consultation des annonces de l'Evening Standard m'avait fait parcourir la capitale de long en large. Et, ce faisant, j'avais eu une révélation : la plus grande partie de Londres, ma ville natale, m'était aussi étrangère que Prague.
L'East End en particulier était un énorme espace vide. Une semaine plus tôt, je n'avais jamais mis les pieds à l'est de la Cité mais, pas plus qu'avant, je n'avais eu le moindre désir de m'y rendre. L'arrondissement de Tower Hamlets, qui englobe aujourd'hui l'East End proprement dit, aurait pu tout aussi bien être signalé sur la carte par une grosse tête de mort. L'impression que j'avais de l'endroit demeurait marquée par les images de mon enfance, celles de rues prises dans un brouillard épais, où rôdaient Jack l'Éventreur, Bill Sykes, le terrifiant personnage & Oliver Twist, et les fameux jumeaux Kray, des gangsters qui se déplaçaient en berline noire et enterraient leurs victimes dans les soubassements des autoroutes. À la maison et à l'école, on m'avait appris que les habitants de l'East End étaient différents. Mes parents et mes professeurs avaient fait des cockneys une race distincte : des gens gais peut-être, comme le père d'Eliza Doolittle, l'héroïne du Pygmalion de George Bernard Shaw, mais plus durs, plus malins et en qui on ne pouvait jamais avoir totalement confiance.


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