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.. Le psychanalyste infidèle

Couverture du livre Le psychanalyste infidèle

Auteur : Georg R. Garner

Préface : Corinne Alexandre-Garner | Pierre Eyguesier

Date de saisie : 22/03/2007

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Erès, Toulouse, France

Collection : Analyse laïque

Prix : 23.00 € / 150.87 F

ISBN : 978-2-7492-0716-2

GENCOD : 9782749207162

Sorti le : 22/03/2007

Sylvain Elie - 02/04/2007


  • Les présentations des éditeurs : 25/03/2007

«Le psychanalyste ne peut être qu'un Heimatloser, quelqu'un pour toujours expatrié de son espace et de sa langue maternelle. Sur le plan politique, c'est bien le métèque qui est l'analyseur de la cité, c'est-à-dire du lien social. Sur le plan psychique, dans aucun cas le psychanalyste ne peut être le tenant lieu ou le représentant d'une chapelle, d'une pensée, d'un dogme, d'une institution ou d'une ethnie. L'analyste infidèle n'est peut-être rien d'autre que cela : une personne analysée, certes, de préférence formée à l'exercice de ce métier, mais vulnérable et désarmée au lieu même de son symptôme qui est également sa richesse.» (Georg R. Garner.)

Prématurément disparu, Georg R. Garner (1950-2003) a porté l'analyse laïque à un degré d'acuité dont la présente collection ne peut que s'honorer. Bricoleur expert en images et en concepts, pensant et travaillant dans trois langues (viennoise, anglaise, française), il s'est aventuré dans de multiples directions regroupées ici sous quatre thèmes : l'étranger comme Autre, la formation de la subjectivité à l'âge classique et sa mise à mal perceptible dans l'effondrement de la perspective aux temps modernes, la voix et le silence, la critique sociale et politique. Les textes ici rassemblés ont pour seule ambition de donner une seconde vie à une oeuvre claire : Oedipe redevient philosophe, et pose en toute infidélité des questions justes à l'histoire des hommes et de l'art, au langage et à la littérature, à la psychanalyse et à la Cité.


  • Les courts extraits de livres : 25/03/2007

Je crois que la première fois que j'ai dû me dire que peut-être il est possible de devenir psychanalyste, je devais avoir seize ans. Je me suis par la suite appliqué à tout faire pour éviter cette voie pendant un certain nombre d'années. Je me suis empêché de faire des études de médecine en refusant de composer en physique et chimie le jour du bac, j'ai commencé à faire des études commerciales en «business administration», puis des études d'allemand puisque la littérature me disait plus que la comptabilité, puis des études d'anglais et de philosophie, pour me retrouver à la fin avec un doctorat de littérature comparée sur le XVIe et le XVIIe siècle.
J'avais à cette époque largement le temps de suivre des cours de psychologie. Sauf dans certaines universités, comme par exemple à Chicago, les études de psychologie étaient dominées par les théories de Skinner. Ce dernier expérimentait avec la capacité cognitive des rats, leur capacité d'apprendre à retrouver de la nourriture dans des labyrinthes. On pouvait très facilement faire cinq ans de psycho sans jamais sortir de la grégarité des poissons rouges et du labyrinthe des rats (en langue étudiante, psycho se disait par ailleurs «rat-lab»). Dans mes souvenirs, il y avait à ma petite université dans l'ouest de l'Ontario un seul professeur qui parlait de la psychologie des hommes, et de temps à autre de Freud. C'était un réfugié tchèque qui s'appelait Havelka. Il ramassait des centaines d'étudiants et l'administration faisait tout ce qu'elle pouvait faire pour mettre ses cours à des heures impossibles et pour empêcher leur validation.
L'étude de l'Homme n'avait rien de scientifique. Si on voulait étudier l'homme, il fallait faire des études de littérature. C'est probablement pour cela que je suis devenu un littéraire.
Quelque part entre Vienne la grise, l'étouffement autrichien et le ciel bleu du Canada avec ses espaces infinis, étaient la France et Paris. Je connaissais déjà la pensée française puisqu'il y avait des échanges entre Montréal et Paris, entre les grandes universités américaines et Paris. C'est comme ça que rien qu'à Montréal j'ai pu faire connaissance et suivre les cours de Michel Foucault, Jean-Pierre Vernant, Hélène Cixous, Michel Serres, et les linguistes Greimas et Bremond. Lacan et Derrida étaient à Yale. Je tiens par ailleurs, pour l'anecdote, à souligner que Lacan quand il était invité par Yale était invité par les Études françaises. Et Anna Freud, toujours à Yale, était invitée par le département qui formait les futures assistantes sociales.


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