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Auteur : Adolphe Nicolas
Date de saisie : 15/02/2007
Genre : Sciences et Technologies
Editeur : Belin, Paris, France
Collection : Bibliothèque scientifique
Prix : 22.50 € / 147.59 F
ISBN : 2-7011-4469-8
GENCOD : 9782701144696
Sorti le : 15/02/2007
Réchauffement climatique, inflation de l'effet de serre, gaz carbonique : ces mots appartiennent désormais à notre vocabulaire courant. Mais sait-on qu'ils vont nous accompagner pendant encore des dizaines de milliers d'années ? Cette perspective d'un futur empoisonné est au coeur de ce nouvel ouvrage d'Adolphe Nicolas. Un véritable défi pour l'humanité, auquel viendra s'ajouter une crise pétrolière dont tout porte à croire qu'elle frappe à notre porte.
Alors, quels remèdes ? Pourrait-on reclure dans les profondeurs de la Terre le gaz carbonique issu de notre usage immodéré des combustibles fossiles ? Les recherches à ce sujet sont actives et prometteuses. Mais cela ne nous dispense pas de nous préparer activement au sevrage de la drogue pétrole. Un sevrage qui s'annonce douloureux, mais permettra à l'homme de jeter, peut-être, les bases d'une société nouvelle, respectueuse de l'autre et de l'environnement. Plus soucieuse d'être que d'avoir.
Adolphe Nicolas, professeur émérite à l'université de Montpellier, est physicien et géologue. Il a été pendant quatre années conseiller au ministère de la Recherche, en charge des sciences de l'Univers, de la Terre et de l'environnement. Il est lauréat de la médaille Harry Hess de l'American Geophysical Union (2004) et du Grand Prix de l'Académie des Sciences (2005).
Deux scénarios contradictoires
Pour lancer le débat, examinons deux positions extrêmes quant à la durée de la perturbation engendrée par nos émissions de gaz carbonique. La première est défendue, peut-être à dessein, par la très officielle Agence américaine pour la protection de l'environnement (US Environmental Protection Agency, rapport 2003) qui estime ce temps de résidence entre 5 et 200 ans. La seconde résulte, à l'image de ce dont nous avons déjà discuté au chapitre précédent à propos de la crise qui a marqué la fin de l'époque Crétacé, de la lecture des archives géologiques de notre planète : elles conservent la trace d'une modification du climat qui, il y a 55 millions d'années, semble bien avoir débuté par une injection rapide de gaz carbonique dans l'atmosphère. Et dans ce cas, il fallut 100000 ans pour que le climat retrouve son niveau d'avant la crise.
Moins d'un siècle pour éponger le gaz carbonique injecté dans l'atmosphère ?
Grâce aux essais nucléaires aériens des années 50, on sait estimer le «temps de séjour» du gaz carbonique dans l'atmosphère. On se fonde sur la durée nécessaire pour que disparaisse de l'atmosphère, au profit d'un réservoir terrestre, l'un des isotopes du carbone créé par ces explosions aériennes (le carbone 14 ou 14C) et intégré dans une molécule de gaz carbonique. Le raisonnement - détaillé dans l'encadré p. 54 - permet de déduire qu'en une trentaine d'années, le gaz carbonique atmosphérique marqué par le 14C issu des explosions nucléaires a été absorbé par deux réservoirs : la biomasse terrestre, c'est-à-dire essentiellement la végétation - qui utilise le gaz carbonique atmosphérique dans le cadre de la photosynthèse pour fabriquer des molécules carbonées plus complexes - et l'océan de surface, où la photosynthèse est exercée par le phytoplancton et dans lequel le gaz carbonique est aussi directement dissous. Que la durée de recyclage du gaz carbonique atmosphérique soit très brève peut plus simplement être estimé à l'aide d'un calcul qui s'apparente à celui du temps nécessaire pour vider la baignoire de notre enfance.
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