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Auteur : Tania Velmans
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Arts
Editeur : Rouergue, Arles, France
Collection : RV avec.... Art et civilisation
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-84156-840-6
GENCOD : 9782841568406
La collection
La collection «R.-V. avec» a pour but d'offrir une première approche des grandes expressions artistiques qui ont marqué l'histoire de humanité. Grâce à un texte accessible et à une riche iconographie, les ouvrages reviennent aux racines culturelles des grandes civilisations et nous donnent ainsi les clés de leur langage esthétique. Ils permettront à tous ceux qui, à l'occasion d'un voyage, d'une exposition ou par intérêt, veulent mieux connaître les arts majeurs du monde, d'appréhender leur richesse sans en avoir une vision réductrice ou tronquée. La collection comptera douze titres : L'Art byzantin, L'Art de la Chine, L'Art indien, L'Art paléochrétien, L'Art roman, L'Art tibétain, L'Art africain, L'Art perse, L'Art précolombien, L'Art de la Grèce, L'Art du haut Moyen Âge et L'Art de la Renaissance.
L'art byzantin
Pendant plus de mille ans, du IVe au XVe siècle, l'art byzantin fleurit dans toute l'Europe orientale, en Italie et en Russie. Parce que toute expression artistique est incompréhensible sans la connaissance de son héritage, de ses courants d'idées et des événements majeurs de son histoire, Tania Velmans, historienne de l'art de renommée internationale, remonte aux fondements de l'empire byzantin et entreprend de nous parler des mille et un enchantements liés au nom de Byzance. Sa peinture, qui sut trouver un langage approprié et donner une forme tangible à l'Absolu. Ses émaux, céramiques et tissus historiés, moins connus mais témoins d'un art majeur. La magnificence de ses palais et de ses églises, parmi lesquels l'éblouissante Sainte-Sophie, sur les rives du Bosphore, à l'architecture spectaculaire.
L'extraordinaire force de cette tradition lui garantit une survie longtemps après la disparition de l'empire qui l'avait fait naître. Aujourd'hui encore, nous sommes sensibles à sa merveilleuse beauté. Par son approche éclairante et son iconographie raffinée, ce livre vous permettra d'en pénétrer tous les secrets.
Historienne de l'art de renommée internationale, Tania Velmans est directrice de recherche au CNRS et auteur de nombreux ouvrages sur l'art et la civilisation du monde byzantin, parmi lesquels Rayonnement de Byzance (Thalia, 2006) et La Fabuleuse Histoire de l'icône (Le Rocher, 2005).
Le mystère de l'Incarnation : la liturgie et l'art
L'image religieuse fut définitivement sacralisée, et le lien suprasensible qu'on lui prêta avec les personnages représentés rendit les schémas et les types des visages extrêmement stables. La mise en valeur de l'Incarnation et quelques autres points de doctrine permirent de définir un programme iconographique extrêmement cohérent pour le décor des églises. L'importance accordée à l'Incarnation entraîna également une humanisation de l'image du Christ et l'apparition de sujets nouveaux. Ce nouvel humanisme se développera très lentement et ne sera vraiment sensible qu'aux XIe et XIIe siècles. Le décor des églises rappelle maintenant d'une manière évidente la signification symbolique de chacune de leurs parties, et les rites de la liturgie. Dans la conque absidiale, la Vierge, instrument de l'Incarnation, devint quasi obligatoire. De ce fait, la croix au sommet de la coupole fut remplacée par le Pantocrator, image du Christ en buste bénissant et tout-puissant, à la fois Père et Fils ; il était représenté à cet emplacement comme maître du monde et empereur céleste veillant sur ses sujets (église de la Dormition à Daphni, Sainte-Sophie de Kiev, XIe siècle). Les anges, sa garde céleste, l'entourent, suivis par les apôtres et (ou) les prophètes disposés dans le tambour, et par les évangélistes écrivant qui occupent les pendentifs. Au second registre de l'abside apparut la Communion des apôtres au Ciel (XIe siècle), avec le Christ en officiant distribuant l'Eucharistie à ses disciples, comme il l'avait fait pendant la Cène. Vers la fin du XIe siècle et surtout à partir du XIIe, lorsque les saints évêques du Troisième registre se tournèrent vers le centre de l'abside avec, dans les mains, des rouleaux ouverts laissant voir des extraits de leurs écrits (ce qui voulait dire qu'ils étaient en train d'officier), les deux scènes devinrent complémentaires et signifièrent que la liturgie terrestre avait pour modèle la liturgie céleste célébrée en permanence par le Christ au Ciel (l'église de la Vierge-des-Chaudronniers, à Thessalonique [1028], Sainte-Sophie à Kiev, Sainte-Sophie à Ohrid ou encore la Néa Moni à Chios, XIe siècle). Les épisodes évangéliques les plus marquants, appelés le cycle des Douze Fêtes, occupaient les voûtes et les parties élevées des murs, tandis que le cycle de la Passion, encore très réduit, figurait plus bas. Les saints isolés s'alignaient dans le registre proche du sol.
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