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.. Les voleurs de rêves : cent cinquante ans d'histoire d'une famille algérienne

Couverture du livre Les voleurs de rêves : cent cinquante ans d'histoire d'une famille algérienne

Auteur : Bachir Hadjadj

Préface : Jean Lacouture

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Histoire

Editeur : Albin Michel, Paris, France

Collection : Documents

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-226-17616-5

GENCOD : 9782226176165

  • Le journal sonore des livres : Lu par Marie Nicolle - 19/04/2007

Marie Nicolle - 19/04/2007


Francois Attia - 03/04/2007


  • Les présentations des éditeurs : 29/03/2007

«Ce livre-là, nous étions nombreux à rêver qu'on l'écrive, depuis bientôt un demi-siècle, sitôt qu'a pris fin le sanglant corps à corps franco-algérien, le 19 mars 1962. Et la voilà enfin, l'autobiographie d'une famille depuis l'époque antérieure à la conquête, à travers trois périodes : la turque, la française, l'algérienne proprement dite,manifestant la continuité profonde d'un peuple, assurée par l'islam au travers des immenses bouleversements provoqués par les guerres et cent trente ans de colonisation impérieuse.
L'extraordinaire intérêt du livre de Bachir Hadjadj réside dans la sincérité du ton, dans l'intrépidité du témoignage (...) Ce qui donne tant de saveur à ce mémorial, c'est le portrait brossé par l'auteur d'une collectivité familiale du Nord-Constantinois, du berger des hauts plateaux au "mauvais garçon" de la rue de Sétif et du caïd enrubanné de Légion d'honneur à l'étudiant grenoblois passé au maquis de la frontière tunisienne - lui-même.»

Jean Lacouture

Aujourd'hui en France, l'auteur vibre toujours aussi intensément à ce qui se passe là-bas en Algérie où demeure encore une partie de lui-même. Engagé dans la défense des droits de l'homme, il revoit sans cesse le fil de l'histoire et il lui semble encore ressentir la violence subie par ses ancêtres. Il se pose toujours les mêmes questions : pourquoi la France n'a-t-elle pas émancipé, c'est-à-dire libéré des chaînes de l'archaïsme par la citoyenneté, les populations du pays qu'elle a occupé ? Pourquoi, la France, dont il admire tant le génie et la culture, avait-elle fait des Algériens, et de lui, des hommes sans droit, des sous-hommes ? De quelle France s'agit-il ? Qu'est-ce qui aurait changé dans l'inconscient des Français pour qu'aujourd'hui, celui qu'il rencontre dans la rue puisse le regarder autrement ?



  • La revue de presse Catherine Simon - Le Monde du 13 avril 2007

C'est le livre d'un père, obstinément mutique, qui a su devenir plus grand que ses blessures. "Je voudrais savoir d'où je viens", lui a lancé un jour sa fille, une "beurette" qui, comme ses deux frères, a grandi et vécu en France. Car longtemps, Bachir Hadjadj a gardé le silence. Pendant plus de trente ans, ce vaincu de l'Histoire officielle - celle des manuels scolaires et des discours présidentiels -, a repoussé le moment "de parler de ces choses qui brûlent", que tant de pères algériens ont voulu, comme lui, maintenir enfouies. Son livre est celui d'une transmission, d'une délivrance, d'une mémoire personnelle qui s'ouvre enfin : l'album familial, terrible et splendide, d'un honnête homme qui se souvient...
Des janissaires turcs aux apparatchiks du FLN, des tortionnaires de l'armée coloniale française à ceux de l'actuelle Sécurité militaire algérienne, se déroule sous nos yeux la longue histoire d'un peuple à qui on a "volé ses rêves".


  • Les courts extraits de livres : 29/03/2007

L'exode

Mes ancêtres étaient, à l'origine, des pasteurs semi-nomades qui vivaient, il y a longtemps de cela, dans le Hodna ; c'était avant l'arrivée des Français en Algérie. Leur tribu était celle des Ouled Madhi, et le clan auquel ils appartenaient était celui des Mérachdas, les descendants de Morched, du nom de notre aïeul qui en fut le fondateur.
Morched eut de nombreux enfants auxquels vinrent s'ajouter, comme s'ils étaient les siens propres, quelques neveux qu'avaient laissés à leur mort ses frères aînés. En ce temps-là, il était en effet du devoir, et même de l'obligation, pour le chef de clan de ne jamais laisser sans famille, c'est-à-dire sans attaches et sans protection, les enfants encore jeunes d'un membre du clan.
On disait que les Ouled Madhi élevaient des chevaux, en grand nombre et parmi les plus beaux de cette région au sud des Hauts Plateaux, et qu'ils possédaient aussi des centaines de chameaux et des troupeaux de moutons par milliers. Les jeunes gens de la tribu gardaient les troupeaux sur les terres de leurs pères et au cours de leurs transhumances ; ils passaient le plus clair de leur temps à cheval. On les appelait : rayon el-kheil, c'est-à-dire «les bergers à cheval». C'était, sans aucun doute, à eux que les femmes de leur tribu rêvaient, et c'était à eux qu'elles adressaient ces chants merveilleux qu'on peut entendre aujourd'hui encore à travers les Hautes Plaines.
À la mort du vieux Morched, le clan comptait une quarantaine d'âmes, et ce fut Smaïl, son fils aîné, qui en prit les rênes. En tant que chef, il représentait les intérêts de ses membres auprès de la tribu. Il parlait en leur nom, ils acceptaient quant à eux son autorité et ses arbitrages.


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