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.. Les fourmis d'Anvers

Couverture du livre Les fourmis d'Anvers

Auteur : Alain Defossé

Date de saisie : 22/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Serpent à Plumes, Monaco, France

Collection : Motifs, n° 283

Prix : 7.50 € / 49.20 F

ISBN : 2-268-06151-5

GENCOD : 9782268061511

Sorti le : 22/03/2007

Joachim Salinger 030407 - 05/04/2007


  • Les présentations des éditeurs : 29/03/2007

1931. Micheline a onze ans. Ses parents divorcent et elle quitte Paris pour un orphelinat religieux d'Anvers. Elle y res­tera dix ans, à la fois protégée et prison­nière. Dans cet univers clos, figé, où le temps ne peut se mesurer, une autre per­ception du monde va naître : la seule cer­titude est celle des choses. Un bouton oublié entre deux lattes de parquet, une couronne de roses séchées au fond d'une armoire, la lumière qui traverse une ver­rière au long des saisons. Quand Micheline, libérée, sera jetée dans un monde en guerre, ce sera, définitivement, une absente qui quittera l'orphelinat.

Écrivain et traducteur, né à Nantes, Alain Defossé a traduit de l'anglais une soixantaine d'ouvrages de littérature anglaise et américaine (notamment American Psycho, de Bret Easton Ellis). Il est également l'auteur de plusieurs romans. Les Fourmis d'Anvers est son premier livre, aujourd'hui réédité.


  • Les courts extraits de livres : 29/03/2007

Je regardais l'eau trouble qui fumait dans mon bol, je me disais que je n'aurais pas le courage de boire cela. Chaque matin, la grimace, entre Lakmé et moi, parce qu'elles appellent cela du café, et que nous ne sommes pas d'accord. On n'a pas encore trouvé de nom pour cette infusion à la fois acre et fade ; je me demande avec quoi elles remplissent le grand bidon de fer-blanc devant lequel nous faisons la queue, lavées et habillées, après la messe du matin. C'est le moment où les carreaux noirs et blancs du réfectoire, les couteaux dans le panier à pain, l'éclat mat des bancs, me font mal d'être plus réels que ma main, que mes cils qui battent pour rien, qu'un cheveu qui s'est accroché à mes cils. Alors, je lève les yeux vers la couleur mauve de l'aube derrière les soupiraux, et mes yeux sont mauves. Je choisis le plus doux, le plus lointain, et toutes les lumières dures, toutes les matières impitoyables, ne sont plus qu'un vilain cadre doré pour cette brume derrière la vitre, le jour qui se lève. Une servante ratisse le gravier au-dessus de nos têtes, je vois ses pieds qui passent devant la fenêtre, elle est de l'autre monde ; son râteau trace des sillons de fraîcheur, elle remue des pépites d'argent, fertilise le gravier gorgé de lune. Le premier oiseau qui chantera déploie ses ailes sous ma blouse.


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