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.. Peine perdue

Couverture du livre Peine perdue

Auteur : Christine de Lucy

Date de saisie : 29/03/2007

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Rocher, Monaco, France

Collection : Littérature

Prix : 15.00 € / 98.39 F

ISBN : 978-2-268-06199-3

GENCOD : 9782268061993

Sorti le : 29/03/2007

Joachim Salinger - 10/04/2007


  • Les présentations des éditeurs : 02/04/2007

«Ça m'a pris du temps avant que je les oublie. Pourtant, si je les rencontrais aujourd'hui, je n'aurais rien à leur dire.
Ils ne m'intéressent pas.
C'est à leurs fantômes que je peux parler maintenant. Sans mélancolie ni miséricorde. À armes égales.»

Chacun a le droit de raconter son histoire. Au moins une fois. Comme dans les contes.
C'est ce que fait Clara lorsque sa mère meurt, que son esprit repart en arrière et qu'elle donne sa main au diable pour passer de l'autre côté de la rivière...

Christine de Lucy travaille dans l'édition. Peine perdue est son premier roman.


  • Les courts extraits de livres : 02/04/2007

Elle continue à trimballer son péché, crispée et indifférente, au bord d'une route à présent, au goudron caramélisé par ce soleil de pénitence. Ça finira donc jamais ce chemin de croix, on dirait que les heures redoublent et même peut-être qu'elles repartent en arrière. Ma mère me rafistole un peu l'allure, elle dit que j'ai l'air d'une sauvage à force de frotter mes mains sur ma robe de parapluies. La pluie, j'en voudrais des baquets sur ma tête en feu, et je les hais à présent ces stupides cannes qui ne me protègent de rien. Je revoie l'eau vermeille qui s'écoulait de mes mains, au soleil en Bretagne, et le trait bleu de la mer, dans les trous de feuillage, sur la corniche qui dominait la Côte de Granit rose, chez ma grand-mère aux cornes de dentelle, aux dents serrées, à l'odeur de farine.
Je vais être sale pour ma «rentrée», et ce désordre la terrifie. Elle a le sens de la tenue, ma mère, elle m'a parée comme il se doit. Pour commettre une belle cérémonie.
Elle s'arrête, allume une «tige», elle peut pas s'en passer, une vraie accoutumance. Un poison. Je me revois, pour elle, ramassant dans la rue tortillante les mégots les plus noirs, les plus petits aussi, bavant leur jus jaunâtre, tout était bon, elle qui les remisait et quand il y en avait assez, elle grillait ce tabac au four, défait de son enveloppe souillée et s'en roulait de toutes neuves, des reines de cigarettes qui lui donnaient une vraie joie. Je préférais ne pas savoir comment ça grésillait dans ses poumons malades.
C'est moi qui allumais.
«Ne t'inquiète pas, tu boiras là-bas, ça va être bien, on va s'occuper de toi.»


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