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_ Les enquêtes de Festus. Volume 3, Le rire des Luperques

Couverture du livre Les enquêtes de Festus. Volume 3, Le rire des Luperques

Auteur : Bertrand Lançon

Date de saisie : 22/03/2007

Genre : Policiers

Editeur : Alvik, Paris, France

Collection : Roman policier

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-914833-63-9

GENCOD : 9782914833639

Sorti le : 22/03/2007

  • Les présentations des éditeurs : 03/04/2007

377 après J.-C. : Festus est revenu à Rome. Son ancienne fonction d'agens in rébus le conduit à mener l'enquête sur une série d'assassinats. Que signifient ces meurtres mis en scène sur le parvis de la fontaine la plus monu­mentale de Rome ? Que viennent faire ces amulettes, phallus et croix ?
Dans cette investigation délicate, Festus s'intéresse aux côtés les plus secrets de la société romaine, les patrimoines, les moeurs et les violences.
L'intrigue s'épluche comme un oignon : on approche sans cesse de nouvelles vérités qui se dérobent. Coups de théâtre et pittoresque sont au rendez-vous.
Historien hors norme, Bertrand Lançon enseigne l'histoire de l'Antiquité tardive à l'université de Brest. Il a publié une dizaine d'ouvrages. Après Le complot des Parthiques et Le prix des chiens (éditions Alvik, 2006), il poursuit le cycle des Enquêtes de Festus.


  • Les courts extraits de livres : 03/04/2007

Personne n'avait compris pourquoi ni comment Julius Toxotius était mort. Il était à la fleur de l'âge et se portait, semble-t-il, comme un charme. Et personne ne lui connaissait d'ennemis. C'était ainsi : un jour de décembre, à la fin du cinquième consulat de Valens et du premier de Valentinien le jeune, la nouvelle de sa mort s'était répandue dans Rome. Elle frappa de stupeur ceux qui le connaissaient, et d'affliction ceux qui l'aimaient. J'étais de ceux-ci, et je me souviens de la brusquerie avec laquelle le chagrin s'était abattu sur moi. Nous avions fréquenté ensemble la maison du grammairien, et, sans être de grands amis, nous entretenions de cordiales relations. Mais, surtout, Toxotius avait mon âge : mon trouble en fut d'autant plus grand. Lorsque la mort emporte des personnes beaucoup plus âgées que soi, on se dit qu'elle obéit à une loi inéluctable. Mais quand elle endort quelqu'un de votre âge, elle vous rappelle que sitôt né vous êtes mortel et que vous ne devenez pas mortel sur le tard.
Je m'en souviens comme si c'était hier. Nous étions le VIII des calendes de janvier, jour de la fête du Soleil invaincu, qui est aussi, pour les chrétiens, le jour anniversaire de la naissance de leur Christ. Mon père avait choisi ce jour pour mon premier degré d'initiation dans les mystères de Mithra, le dieu-lumière, né de la pierre et tueur de taureau pour ensemencer la terre. Il en était le chef à Rome - on disait alors le "Père des pères de Mithra". Cette dignité lui procurait une immense fierté, en même temps qu'une peine cuisante à ma mère, qui gémissait de ne pas le voir encore chrétien.
Au cours de la longue cérémonie d'initiation, je reçus à la lueur des torches la dignité de corax. À la sortie du mithraeum, la clarté du jour m'aveugla. Et c'est au moment où mes yeux retrouvaient en clignant les couleurs de la rue qu'un ami essoufflé m'annonça brusquement que Toxotius était mort.


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