Les biotechnologies sont l'application de toutes les sciences du vivant à l'amélioration de la santé; elles sont en train de révolutionner notre vie quotidienne. En leur consacrant la première année d'enseignement de sa nouvelle chaire d'Innovation technologique, le Collège de France a voulu jeter un pont entre les chercheurs qui essaient de décrypter les mystères du vivant et les industriels qui eux tentent de découvrir et développer les nouveaux médicaments ou les nouveaux appareils qui vont améliorer la santé de tous.
Né en 1955, Jean-Paul Clozel est cardiologue. Il a été en 1997 l'un des fondateurs du laboratoire Actelion. Premier titulaire de la chaire f/'Innovation technologique -Liliane Bettencourt du Collège de France pour Vannée 2006-2007, il raconte ici avec passion le chemin long et complexe qui va de la recherche, théorique à la production de médicaments qui sauveront des vies.
Les courts extraits de livres : 06/04/2007
La première menace est la notion de risque zéro que certains groupes de pression veulent imposer aux autorités réglementaires et aux entreprises de biotechnologie. Aucun nouveau principe thérapeutique ne peut être développé et introduit sur le marché sans que soit couru le risque d'un effet secondaire passé inaperçu malgré les tests cliniques réalisés chez des milliers de malades. Pour éliminer un cas sur 10 000 patients, il faudrait réaliser des essais sur 50 000 individus, ce qui est évidemment irréalisable dans la majorité des cas.
La deuxième menace est le non-respect de la protection intellectuelle. Sans brevet, il n'y aurait pas de biotechnologie. Les règles du jeu doivent être claires. La durée de protection de la propriété intellectuelle doit être limitée dans le temps ; mais les nouvelles demandes des autorités d'enregistrement et l'augmentation de la taille des essais chimiques augmentent considérablement la période d'essais cliniques et empiètent sur la période de protection intellectuelle. Il faudra en tenir compte.
La troisième menace, heureusement moins présente en Europe, mais qui touche toutes les professions médicales, est l'indemnisation à des niveaux inconsidérés et irrationnels des accidents thérapeutiques dont les responsabilités sont souvent si difficiles à attribuer. Aux États-Unis, ces procès - qui profitent d'ailleurs en majorité aux avocats et dans une moindre mesure aux victimes - ont considérablement augmenté les coûts pour les sociétés pharmaceutiques et les entreprises de biotechnologie.