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Le théâtre irakien ou le dilemme de Hamlet... Comment expliquer les revirements stratégiques en Irak, malgré une réflexion rigoureuse autour du régime change depuis les années 1990 ?
De Washington à Bagdad, de la doctrine américaine à sa projection sur le terrain, Alexandra de Hoop Schefter nous amène au coeur des débats politiques, des contradictions idéologiques et stratégiques dans la gestion de la crise irakienne. Quatre années après le renversement de Saddam Hussein, cet ouvrage s'impose comme une analyse essentielle sur l'un des plus grands enjeux de la politique étrangère américaine.
Alexandra de Hoop Scheffer est chargée d'enseignement à l'Institut d études politiques de Paris, chercheur associé au CERI et au C2SD. Ses travaux portent sur la politique étrangère américaine et la reconstruction post-conflit en Irak.
Les courts extraits de livres : 06/04/2007
Depuis la fin de la guerre froide et le bouleversement de la grille de lecture géostratégique inhérent à l'effondrement de l'Union soviétique, les États-Unis ont cherché à redéfinir leur rôle sécuritaire dans le monde et à réajuster leur puissance et leur stratégie militaires au nouveau contexte international :
«Il ne s'agit plus d'attendre l'émergence de la prochaine grande menace, mais de remodeler [shape] l'environnement international afin de prévenir une telle menace. L'objectif principal de la politique étrangère américaine est de préserver et d'étendre un ordre international qui soit en accord avec nos intérêts et nos valeurs. [...] Car si les États-Unis ne façonnent pas l'ordre international, nous pouvons être sûrs que d'autres le feront de telle sorte qu'il ne reflète ni nos intérêts ni nos valeurs.»
La définition de la puissance américaine dans un monde nouveau constitue, en effet, un enjeu majeur des débats de l'après-bipolarité. Dès la chute de l'Union soviétique, les grands axes de la stratégie américaine sont apparus clairs : Washington a opté pour la pérennisation de sa suprématie, dans un monde devenu «unipolaire» sur le plan de la force militaire, et pour la consolidation de l'hégémonie américaine face aux nouvelles formes de violence internationale, que sont le terrorisme, la dissémination des armes de destruction massive, l'instabilité des zones périphériques. L'entreprise militaire désormais n'est plus seulement destinée à prévenir l'émergence éventuelle d'un «concurrent de puissance comparable» (peer competitor), elle doit aussi engager des actions dites «préemptives» destinées à modifier, transformer, tel ou tel aspect de l'ordre international lorsque la sécurité des États-Unis est perçue comme menacée.