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Auteur : Eve Gran-Aymerich
Préface : Jean Leclant Jean Leclant | André Laronde
Date de saisie : 29/03/2007
Genre : Archéologie, Préhistoire
Editeur : CNRS Editions, Paris, France
Collection : CNRS-histoire
Prix : 30.00 € / 196.79 F
ISBN : 978-2-271-06538-4
GENCOD : 9782271065384
Sorti le : 29/03/2007
Troie, Mycènes, Cnossos... En ce début de XIXe siècle, la découverte de ces cités antiques, exhumées de l'oubli, révèle la richesse insoupçonnée de civilisations matrices de l'Europe. Avec elles, se défait tout un écheveau, et c'est au tour des Orients, de l'Egypte, de la Palestine, du Levant, et de la Perse, de livrer leurs secrets.
Eve Gran-Aymerich dévoile, dans Naissance de l'archéologie moderne, cette épopée fabuleuse. Sur fond de conquêtes coloniales, les nations occidentales se livrent à une concurrence politique et diplomatique acharnée pour s'approprier le passé, ses vestiges, ses ruines, et sa force symbolique.
Savants et aventuriers découvrent les plus célèbres sites, ouvrent les premiers chantiers de fouilles et fondent les plus prestigieuses institutions scientifiques. On découvrira leur biographie dans l'indispensable Dictionnaire biographique d'archéologie qui, en 600 notices, de Vivant Denon à l'abbé Breuil, de Jean-François Champollion à André Leroi-Gourhan, retrace leurs destinées et dit notre dette à leur endroit.
Car c'est à ces chercheurs de passé, véritables inventeurs de notre héritage, que nous devons la conscience moderne de la mémoire de l'humanité.
Un volume total.
Eve Gran-Aymerich oeuvre au CNRS. Femme de lettres, elle est aussi chercheur de terrain. Elle est l'auteur des indispensables Naissance de l'archéologie moderne et Dictionnaire biographique d'archéologie réunis dans le présent volume.
Le premier volume des Archives des missions... donnait une idée de ce que pouvait devenir l'École d'Athènes par deux articles d'Emile Burnouf qui, par sa description du Vieux Pnyx et des propylées d'Athènes, apparaissait comme le précurseur des études savantes. L'Académie inscrivait au programme de la troisième année «une étude et une description complète et approfondie de l'Acropole d'Athènes, d'après l'état actuel et les travaux récents, comparés aux données des auteurs anciens».
La volonté des membres de l'École d'Athènes de s'engager résolument dans les études d'archéologie se manifeste clairement dès 1851 : Jules Girard (1825-1902) inaugure l'exploration scientifique de la Grèce en se rendant en Eubée et fait de cette mission la matière de son mémoire. C'est le Péloponnèse que choisissent Alexandre Bertrand, Charles-Ernest Beulé (1826-1874) et Alfred Mézières (1826-1915) pour carrière de leurs recherches qui font appel à la topographie, la géographie historique, à l'épigraphie et à l'archéologie. «Ils inaugurent l'effort collectif [...] qui, s'il avait été soutenu, encouragé, développé, se serait traduit par des oeuvres de longue haleine, analogues aux Corpus et aux Reisen dont les Allemands et les Autrichiens ont fourni plus d'un modèle.» A. Bertrand et C.-E. Beulé poursuivront leurs efforts pour que se développe l'archéologie en France et en Grèce. En effet, le second prend l'initiative, pour répondre au sujet proposé par l'Académie, d'ouvrir des fouilles en avant des Propylées : il dirige le chantier pendant le printemps 1852 et durant l'hiver 1852-1853. Il reçoit l'aide des architectes D. Lebouteux et L. V. Louvet et les conseils de C. Garnier. Pour sa description de l'Acropole, il utilise les commentaires que Tétaz, Paccard et Desbuissons avaient joints à leurs Envois de Rome. Ces travaux illustrent la collaboration entre les architectes pensionnaires de la villa Medicis et les Athéniens aux premiers temps de l'École. C. E. Beulé fonde ainsi la «science militante» qui lui vaut une gloire extraordinaire. En effet, la nouvelle qu'il avait retrouvé les portes de la citadelle sur l'Acropole fut répandue par Le Moniteur universel et déclencha une immense vague d'enthousiasme : «Le retentissement qu'eurent par toute l'Europe les belles découvertes de M. Beulé montrèrent à l'École de quel côté était son avenir, et, depuis ce moment, elle est devenue pour la France une sorte de séminaire archéologique.»
Cependant, si les travaux de Beulé sur l'Acropole inaugurent la recherche archéologique à l'École et si la vigilante attention que lui porte Joseph Guigniaut permet à certains de ses membres de poursuivre dans cette voie, Amédée Daveluy (1798-1867), son directeur de 1846 à 1867, se refuse à réaliser l'institut archéologique rêvé par l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
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