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Auteur : Lucia Etxebarria
Traducteur : Maïder Lafourcade | Nicolas Véron
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Ed. Héloïse d'Ormesson, Paris, France
Prix : 22.00 € / 144.31 F
ISBN : 978-2-35087-052-6
GENCOD : 9782350870526
L'histoire - ou plutôt devrait-on dire les histoires - se passe dans un quartier populaire, Lavapies, situé au coeur de Madrid. Quartier coloré et riche de la diversité culturelle de ses habitants, il est le théâtre de toutes les aventures humaines, grandes ou petites, des peines de coeur, des trafics en tout genre, des trahisons, des bonheurs.
Le livre nous plonge avec délice dans les vies d'une téléopératrice fauchée, une éducatrice végétarienne, un dealer, les enfants qui fréquentent la ludothèque. Tout ce petit monde se raconte et finit par nous attendrir.
L'auteur a su parfaitement nous transmettre son attachement pour la capitale espagnole où elle réside elle-même et pour les personnages qu'elle croise quotidiennement et dont elle s'est inspirée pour l'écriture de ce roman. Un portrait juste et sans concession de la société contemporaine.
Nicolas Veron - 24/05/2007
Xavier Brossard - 09/05/2007
Charlotte Thomas - 19/04/2007
Lavapiés. Un quartier populaire en plein Madrid, mosaïque de cultures et de couleurs. Une rumeur le sillonne, il se contracte ou s'enflamme. En son coeur, un centre associatif, avec ludothèque et garderie. Jeunes et vieux s'y croisent. Téléopératrice fauchée, dealer, éducatrice végétarienne, clandestin, môme hyperactif sont autant de personnages en quête d'identité qui s'aiment, virevoltent, se ratent, sans jamais se mélanger.
Comédie humaine survoltée et tendre à la fois, Cosmofobia capte l'essence même de notre société métissée et fragmentée.
Née en 1966, longtemps rebelle, Lucia Etxebarria a connu un succès immédiat avec son premier roman, Amour, Prozac et autres curiosités.
Elle a remporté, entre autres, le prix Planeta 2004 pour Un miracle en équilibre.
Depuis Aime-moi, for favor ! elle affirme son féminisme, comme en témoigne Ya no sufro por amor, son dernier best-seller. Elle vit à Madrid.
Parlant des autres, Lucia Etxebarria parle de nous. Partant du coin de sa rue, elle déchiffre le monde d'aujourd'hui.
Lucia Etxebarria fait corps avec ses personnages. On sent qu'elle connaît bien son petit monde, l'écoute, s'en inspire, avec empathie. Et même amour... Il en est ainsi des écrivain(e)s de talent, ni tout à fait dedans ni tout à fait ailleurs...
Pour Lucia Etxebarria, les «autres sont un je»... C'est d'ailleurs l'accroche de ce roman d'actualité. Puisqu'il y est question d'immigration, d'intégration, de métissage... et des difficultés à vivre ensemble, avec nos différences...
«Cosmofobia» est un roman d'autofiction, en forme de recueil de nouvelles, qui décrit une farandole de personnages. Lesquels s'entrecroisent, comme dans la vie, comme dans certaines rues, certaines tranches de vie, certains chapitres... Celui sur la téléopératrice, fauchée et exploitée, est passionnant. Pour elle aussi, les histoires d'amour finissent mal... en général. Le truc de Lucia Etxebarria, c'est décidément l'amour. Son précédent livre («Ya no sufro por amor»), à paraître chez Héloïse d'Ormesson en 2008, s'est hissé en quatre jours sur la liste des meilleures ventes espagnoles
Prenez un quartier populaire de Madrid, Lavapiés, et observez au télescope ce qu'il s'y trame, comment on y tombe amoureux, élève ses enfants, rompt ses fiançailles. Derrière ce labyrinthe de vies et de personnages, démêlant l'écheveau de leurs sentiments, il y a un auteur, Lucia Etxebarria. Depuis Amour, Prozac et autres curiosités, cette romancière à succès darde sa plume comme un fleuret, pour traiter avec impudeur et truculence de l'amour, du désamour et des éternels va-et-vient de la mélancolie...
À travers ces portraits, Etxebarria nous dresse un catalogue épicé de toutes ces pathologies qui poussent sur les trottoirs des villes comme du chiendent. Sans misérabilisme, mais avec du nerf et du rire.
La fillette aux tresses se dirige vers elle. Anton se dit qu'il lui faut tenter sa chance et s'approche. Il se penche vers la petite.
- Le monsieur t'a fait peur ?
La fillette acquiesce d'un signe de tête puis baisse aussitôt les yeux, sans doute effrayée ou honteuse d'avoir suivi les autres jusqu'à ce recoin où ils ne sont pas censés jouer.
- Que s'est-il passé ? demande la Fée.
Anton remarque les rides qu'elle a sous les yeux et songe qu'elle n'est peut-être pas aussi jeune qu'elle le paraît. Elle a un corps d'adolescente, très svelte, mais avec une belle poitrine, de femme. Le visage est toutefois celui de quelqu'un qui a beaucoup vécu. Anton se dit que la Fée pourrait tout aussi bien avoir vingt-cinq ans que quarante. Peut-être cet aspect intemporel participe-t-il de sa condition de fée.
- Il l'a attrapée par les tresses, cet enfoiré, répond Anton, bien que ce soit à la petite que la question s'adresse. Je me demande si nous ne devrions pas appeler la police ; ces deux-là sont ivres morts, ce n'est pas un bon exemple pour les enfants.
- La police ne fera rien du tout. Surtout ici, dans ce parc... Enfin, que veux-tu...
- Comment tu t'appelles ? demande Anton.
- Selene, répond la fillette, bien que la question s'adresse à la Fée et non à elle.
- Oh, quel joli prénom !
Anton est conscient de la ringardise affligeante de sa réaction, d'autant qu'il ne trouve pas ce prénom beau.
- Akram, Mohammed, Nicky, Fátima, je vous ai déjà dit de ne pas jouer ici ! Et toi, Akram, ne grimpe plus aux arbres, tu tombes à chaque fois. Allez, venez tous avec moi, on rentre à la petite maison.
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