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_ Demain je meurs

Couverture du livre Demain je meurs

Auteur : Christian Prigent

Date de saisie : 08/02/2007

Editeur : POL, Paris, France

Prix : 19.50 € / 127.91 F

ISBN : 978-2-84682-174-2

GENCOD : 9782846821742

Sorti le : 08/02/2007

Marie Nicolle - 19/04/2007


  • Les présentations des éditeurs : 13/04/2007

" Hier, j'étais né ; demain, je meurs ", souffle la Voix qui sort du lit d'agonie.
Entre cet hier et ce demain : une vie, celle du père. Qui raconte cette vie est qui entendit murmurer la Voix. Scènes, vignettes, tracés d'émotions, poussées d'interprétation, visions en vitesse, conversions bouffonnes. Temps : une demi-heure en gros, à vélo. Espace : deux kilomètres. Décor : Bretagne, années 1950. Fond d'Histoire : la guerre d'Indochine, l'affaire Henri Martin, Budapest 1956, les communistes, André Marty, Thorez, Staline.
La Chienne du Monde parle. Le monde aboie fort. On file pas chronique, engrène pas annales en ordre de maillons : on mixe, on bricole, on pétrit sa boule avec du déchet de biomachin ou de chronotruc. Et puis : roule cette boule, enroule les cadences, enchaîne véloce - et va la musique !



  • La revue de presse Jean-Didier Wagneur - Libération du 12 juilllet 2007

Demain je meurs c'est l'enfance des années 50, le tout à cent francs, plastique et duralumin, Pif le chien et Coco Boer et bien sûr le Parti : l'Huma sur les marchés, la Maison du peuple, les meetings, les intellectuels, Moscou ! Christian Prigent a-t-il eu de la chance d'avoir des parents communistes qui croyaient au grand soir ? Comme lui, plus tard, qui avec sa bande de la revue TXT croira à l'avant-garde. Adieu le PC, bonjour Mao et «Artaud Rimbur». Mais voilà, procès, Staline, Budapest, tout cela dur à avaler. Demain je meurs raconte cet opéra là en un livre aussi grand que Le Sang noir que découvre un jour le jeune narrateur : «tu lus, t'en es pas revenu. Tu y reviendras.» Hasard objectif, Prigent vient de recevoir le prix Louis Guilloux.


  • La revue de presse Aurélie Djian - Le Monde du 13 avril 2007

Ca se lance quand j'ai la musique", dit-il. Christian Prigent parle de son atelier d'écriture, une fabrique du sens qui cherche "le petit phrasé abstrait, un refrain tapi dans la langue" et "une certaine idée de la vitesse". De son activité au sein des avant-gardes littéraires des années 1970-1980 (notamment la revue TXT), Prigent retient le goût de la vadrouille, entre poésie, roman, essai, lamento-bouffe... "C'est l'idée que tous les moyens rhétoriques, stylistiques, génériques sont bons pour trouver sa langue." Demain je meurs travaille cette ligne mélodique qui persiste à relier l'invention des formes avec la perspective de révolution.
Où va la parole ? A quoi ça sert ? D'un livre à l'autre, Prigent affirme, en écrivant la question-de-la-poésie : "C'est un mouvement d'interrogation qui prend des allures et des postures d'énonciation diverses...
"Comme on fait son livre on se couche dedans." Ou bien : écrire infuse dans la phrase une sensation de vitalité littéralement transmissible. "Je voudrais commuer un poids de déroute en gaieté", dit encore Prigent, "le style c'est une petite victoire quand même".


  • Les courts extraits de livres : 02/07/2007

en route, mauvaise troupe

Aïe zut, djà la rouscaille : ça grommelle ronchon der­rière du papier peint. En gros c'est comme d'hab : jour démarre grincheux côté parentèle. D'où : crispation des masticatoires et régurgité de goût dégueulasse dans les glandes de bouche. Question : la geinte vient des placards ou du lieu d'aisance ? Cherche pas à savoir : ça mettrait du noir dans l'aube qu'était claire au saut de ton lit, toi qui prévoyais randonnée cycliste parmi la nature avec la trempette en iode chez les crabes au bout du parcours. Puis la sieste en long parmi les galets et le tressauté des puces de sable pour cuire les boutons qui te grattent le lard et bronzer ta couenne. Mais la Direction t'avait fait programme sans doute de turbin dès tartines beurrées, café écluse et la fri­mousse nette. Et finie Cocagne, avortée en oeuf dès tôt moins le quart. Bouche-toi les ouïes avec de l'étanche en inconscience. Colmate l'écoutille. Dis surtout pas oui. Dis même plutôt rien. Tu pourras toujours arguer que la chasse fut à faire potin dans le petit coin avec des gargouilles et t'entendis couic.

Tu aurais quand même intérêt prudent à te les numéro­ter, tes abattis, pour les retrouver si Elle te les coupe par représailles et rétorsion à cause que tu fus pas comme Elle voulait, ou aurait voulu, et voudra encore dans le temps d'après, voire d'après après où tu sais même pas si tu y seras. Et va la gamberge, avec conséquence de serre-kiki. Car ça se pourrait, qu'Elle tranche, et vite fait, vu l'air pas baisant, quand Elle sort du lieu parmi des odeurs, des jours rien qu'en merde. Après l'orage, même revenu sage, ou cap de faire comme, avec étalage de la complaisance et de l'arboré de mignon dans l'oeil, on va moitié bien si on n'a pas tout de ses petits bouts pour s'articuler dans les paysages. Et comment briller en serrage de pognes et signalétique de citoyenneté, si manchot partout ? Comment rutiler d'amour du prochain avec l'aromate de la plaie au flanc ? Homme-tronc, pas bon : tu végètes en souche, tu flaires que des fesses au ras du trottoir. Quelle contenance faire, quand passe le chaland d'allure verticale sur son polygone de sustentation avec son cabas de produits utiles au bout de la pince, si tu trônes le cul sur petit chariot dans le caniveau parmi l'immondice avec la charpie autour des moignons ? Coupe ce robinet de rumination. Plus rien sur ce point : planque tes appendices, file en douce, décarre.


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