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De nos jours, l'insécurité la plus visible touche les personnes et les biens : les violences «gratuites» et les actes de vandalisme sont en augmentation. Mais l'insécurité peut aussi être judiciaire, comme l'a démontré l'affaire d'Outreau, et également législative, puisque tous les candidats à l'élection présidentielle expliquent que «ce qu'une loi a fait, une loi peut le défaire». Sans oublier la triste réalité de l'insécurité de l'emploi. Le peuple «veut» de la sécurité, mais il est manipulé en permanence par les politiques et par les médias, omniprésents, au service d'intérêts divers, parfois obscurs.
Alors, que faire ? La sécurité est-elle un mythe ? Est-elle vraiment possible ? Dans un livre décapant et sans concession, Charles Pellegrini, après avoir décrit l'ampleur de ces phénomènes, nous invite à nous projeter dans le futur. Plutôt que de réclamer une sécurité illusoire, il nous conseille d'apprendre à gérer une insécurité que la mondialisation économique et celle de la délinquance vont inévitablement accroître.
Charles Pellegrini, ancien chef de l'Office central de répression du banditisme, gère aujourd'hui une société internationale d'analyse de risques.
Les courts extraits de livres : 13/04/2007
L'insécurité économique a brusquement ressurgi lors du référendum sur le projet de constitution européenne où le «non» a été indéniablement l'expression de la peur de l'économie libérale, le refus d'une Europe qui n'avait pas su, aux yeux des Français, leur servir de bouclier contre la concurrence mondiale.
Cette Europe qui s'était engagée, lors du vote sur le traité de Maastricht, en faveur de la croissance et de l'emploi et qui, plus encore à vingt-cinq membres qu'à quinze, leur est apparue comme un marché trop largement ouvert à tous les vents de la mondialisation.
Au fur et à mesure de l'ascension des pays émergents, des succès de la Chine tout particulièrement, et ceux moins visibles de l'Inde ou du Brésil, c'est l'ensemble de l'Europe qui a pris un coup de vieux. Mais alors que la Grande-Bretagne tire son épingle du jeu grâce à la flexibilité de son marché du travail, à sa puissance financière et à ses liens privilégiés avec l'Amérique, alors que l'Allemagne et son industrie font mouche sur les marchés asiatiques, la France semble être de ces pays, à l'image de l'Italie, l'Espagne, le Portugal, qui souffrent le plus durement dans cette nouvelle économie mondialisée. Malgré la vigueur de ses entreprises et le dynamisme d'une grande partie de ses cadres, son «déclin» n'est plus un thème de débat, c'est une réalité. L'endettement de l'Etat et des administrations en est une preuve accablante.