Editeurs, auteurs, valorisez vos livres.
Libraires, partagez vos découvertes.
Inscrivez-vous à la Lettre des Libraires.
Découvrez sur votre mobile, en exclusivité, les choix des libraires, le courrier des auteurs, la revue de presse des livres, et des milliers d'extraits de livres en cliquant plus bas.
Auteur : Michel Polac
Date de saisie : 00/00/0000
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Ginkgo, Boulogne-Billancourt, France
Prix : 15.00 € / 98.39 F
ISBN : 2-84679-050-7
GENCOD : 9782846790505
Claire Lamarre - 16/05/2007
Joachim Salinger - 19/04/2007
Collection «Parcours d'écrivain» dirigée par Jean Musy
«Il frissonna. Il s'était imaginé pénétrant dans un appartement étranger, surprenant la vie cachée d'une femme dans l'entrebâillement d'un tiroir. Un plaisir de voyeur : l'intimité rose et noire des sous-vêtements, des bas de soie aperçus dans le meuble, comme un coup de vent soulevant la robe d'une passante.
Cette femme imaginaire ou inconnue, dont il venait de partager l'aventure en pillant ses souvenirs, prenait grotesquement le visage de sa mère. Il voulut oublier à l'instant même son indiscrétion...»
1950. Deux adolescents, le bachot, les sens qui s'éveillent, mais c'est le sens de la vie qui les taraude. Après l'existentialisme, avant les beatniks, on veut courir les filles et courir après un but. Le But. Germain prend la route et travaille de ferme en chantier. Marc, lui, croit trouver un secret de famille et se recherche un père.
Michel Polac est écrivain, cinéaste, homme de radio et de télévision, chroniqueur littéraire à Charlie Hebdo. En 1956, il publie son premier roman «La Vie incertaine» sous le parrainage de Jean Paulhan et d'Albert Camus.
«L'auteur est à suivre de près : il est intelligent, direct et parfois émouvant.»
Albert Camus
La vie incertaine se concentre sur le destin de Marc, adolescent rêveur préparant le «bachot», en proie à un secret de famille ressemblant peut-être à la vie de Polac. A cette histoire s'ajoute celle de Germain, qui fait le choix d'un apprentissage de la vie loin de l'éducation bourgeoise, quitte à devenir un prolo...
On s'attache à ce duo de grands gamins désabusés, et on suit avec intérêt leurs pérégrinations, leur éveil à la vie. N'en déplaise à l'auteur - qui fustige en préambule «les fioritures, les élégances de style» -, l'écriture est soignée et élégante.
Avant d'entamer sa longue carrière sur les ondes, l'animateur de Droit de réponse avait publié La Vie incertaine, un premier roman très autobiographique...
Cette réédition l'amuse. En effet, cette Vie incertaine est un peu plus qu'une curiosité : un petit roman fifties légèrement démodé, mais non dénué de charme...
Comme tout premier roman, celui-ci est très largement autobiographique...
L'autre versant du roman épouse la vie vagabonde du jeune Polac, qui, à 18 ans, a pris la route, encore sous le choc de Travaux, un récit de Georges Navel, anar engagé aux côtés des républicains espagnols...
Cet inlassable lecteur de Dostoïevski (son vieil exemplaire rafistolé des Frères Karamazov est toujours là, dans sa bibliothèque) lance alors des émissions de télévision - Bibliothèque de poche, Post-scriptum... - où il interviewe son idole, Witold Gombrowicz, à Vence, quelques mois avant sa mort, mais aussi Jean Renoir ou François Mitterrand.
Germain s'amusait à voir Isabelle s'approcher peu à peu de la sensualité. Depuis quelques années, il s'était écarté de sa soeur, il refusait ses jeux et dédaignait sa conversation ; pour la première fois, il s'intéressait à son sort et découvrait avec surprise les changements de son caractère et la naissance d'une féminité que les autres garçons n'étaient pas sans remarquer, à en juger par la cour qui venait l'attendre tous les jours à sa porte.
Isabelle n'avait pas perdu l'habitude de venir «chahuter» Germain à son réveil. Alors qu'il le supportait difficilement à Paris, il se complaisait à ces jeux depuis que sa soeur était venue le rejoindre à Vaison.
Un matin où elle s'acharnait à le faire glisser de son lit, il la fit tomber près de lui et, l'écrasant sous son corps, il la chatouilla pour se venger, elle se débattit, ils roulèrent par terre ; ils étaient tous deux en pyjama ; il la chatouilla à même la peau nue, elle riait et riait en se tordant sous lui, et il ne pensait pas au jeu mais aux seins nus sous le pyjama. Il la serra contre lui. Elle se releva silencieusement, surprise tandis qu'il restait assis sur le parquet.
- Allez, tu viens ; le café au lait va refroidir, dit-elle en sortant de la chambre.
Le lendemain, Germain, ne voyant pas Isabelle venir, traversa le couloir sans bruit et ouvrit sa porte d'un seul coup ; Isabelle poussa un cri strident.
- Qu'est-ce que vous faites encore ? s'écria la tante Valérie, du rez-de-chaussée.
Isabelle était nue ; elle faisait sa toilette ; Germain hésita un instant, puis se mit à rire ; elle s'enveloppa dans son peignoir ; il se précipita sur elle et, la prenant dans ses bras, la jeta sur le lit :
- Ah ! je t'y prends ! s'écria-t-il, sans savoir pourquoi.
- Laisse-moi, laisse-moi donc ! criait Isabelle, en agitant les jambes ; je suis encore mouillée, laisse-moi tranquille.
- Ah ! qui est le premier éveillé, aujourd'hui ?
- J'étais réveillée la première, dit-elle, mais je me lavais... Il la chatouilla de nouveau ; elle se débattit, mi-riante, mi-furieuse, et son peignoir s'ouvrit ; elle repoussa Germain et en referma rapidement les pans.
Copyright : lechoixdeslibraires.com 2006-2012 - Informations légales - Programmation : Olf Software - Accessibilité, CSS et XHTML : Gravelet Multimédia